Jean-Baptiste Janisset à l’Île du Frioul

SEPT 2020 | MARSEILLE

Commissionné par Provence Art Contemporain en collaboration avec Everyday Gallery, Jean-Christophe Arcos, le fond de donation KATAPULT, l’Atelier Chiffonnier et le Parc national des calanques.


“Between an anthropologist and a sorcerer, Jean-Baptiste Janisset’s installations are conceived from discoveries and encounters which, during his travels, have developed his creative psyche.
For this new installation, the artist takes over the iconic plastic houses in which many Western children have displayed their imaginations. Janisset uses these hiding spots and their innate quality to shelter blossoming creativity, to construct a totem-like beacon against obsolete systems of education witch fuse a formated consumerist society. In such, they become a place of belief, a chappel made of lead, a rampart against the brutality of the outside world.

On this building, Jean-Baptiste Janisset came to place symbols and memories relating to different myths and religions. The most discreet of them is placed inside the monument. It is a seal of Saturn, a talisman that he himself made for its protective qualities and which he sleeps whit every day. All these objects are for him vectors of elevation. They motivate a finer consciousness and thus a dialogue with what he calls “the underworld”.
Most of the time these are relics of the ceremonies he attended in Benin, Gabon, and Corsica. For example, the sheep carcass being displayed as one of the elements of Janisset’s sculpture has for origin the molding of the bones of the animal sacrificed during the Magal de Touba, a religious festival that has been celebrated since 1928 in Senegal. It is the most important ceremony of the Mouride religion, a mystical branch of Sufism.
To make these elements his own, Jean-Baptiste Janisset proceeds to make molds by directly using clay to take a borrowing in situ of objects, sculptures, and bas reliefs before making lead prints out of them.”

Jean-Baptiste Janisset explains that he is not a fine craftsman: all the symbols he uses are snatched from others. The artist sees himself more as a witness to the past, a creator of syncretism between diverse beliefs and plural existences. Janisset’s ‘Smile to the Angles of Frioul’ building is therefore the center of gravity of a multitude of consciousness. We are thus projected into a place of all and no religion, a new path which Jean-Baptiste Janisset seams to outlined for us.

Text: Camille Bardin, Translation: Leo Lopez

https://artviewer.org/jean-baptiste-janisset-at-ile-de-frioul/

En Juillet 2020, Jean Baptiste a décroché une résidence à Vents des forêts. Sa production a été vue lors d’un shooting Art / Mode dans le magazine TEMPLE.

https://ventdesforets.com/oeuvre-en-cours-jeanbaptistejanisset/

https://www.instagram.com/p/CHSmsBZBUme/

La vengeance d’Ophélie

NOV 2020 | NANTES | Production : KATAPULT avec le soutien de la Galerie Mélanie Rio Fluency.

Avec l’artiste Pauline Lavogez

© Pauline Lavogez


Conçue comme un parcours en deux volets, l’exposition interroge les rapports de domination pour les renverser ou les décentrer en inventant d’autres codes à travers une expérience immersive. Parce qu’elle aimerait faire d’un homme « sa muse », Pauline Lavogez propose des portraits-vidéos dévoilant la nudité de six corps masculins dans toute leur sensualité. Dans un second temps, le spectateur découvre un auto-portrait vidéo intime où l’artiste se dévoile au public.

Pauline Lavogez propose un portrait croisé liant images de corps masculins dénudés et introspection filmée. La séduction palpable qui s’établit avec ses modèles dans cinq tableaux vidéo et performatifs déjoue les rapports de pouvoirs ainsi que les normes masculines dominantes dans la culture visuelle. En miroir, l’artiste se met à son tour à nu avec un autoportrait où elle interroge la représentation de l’érotisme dans l’imaginaire collectif et apprend à déconstruire sa manière de regarder en même temps que la nôtre. À travers son exploration des corps, Pauline Lavogez met le doigt sur les rapports humains non verbalisés et vient élargir notre lecture sensible de l’image.

Camille Velluet

OFF ART Ô RAMA

2019 | MARSEILLE | Co-production KATAPULT et Le Collective

Avec les artistes Wilfried Almendra, Claude Closky, Ugo Schiavi, Antoine Carbonne, Jean-Baptiste Janisset, Romain Rambaud, Pauline Lavogez, Wilfried Nail, Victor Vaysse, Lise Stoufflet, Romain Vicari

L’exposition OFF Art-Ô-Rama s’est tenue dans les 3 bunkers de l’Escalette, Chemin des Goudes à l’est de Marseille le dimanche 1er septembre 2019. Katapult a financé l’événement en exclusivité, Le Collective en a assuré la production et la direction artistique. Sur la journée l’événement a vu circuler entre 250 et 300 personnes, passants, amateurs et professionnels du monde de l’art présents pour la 4eme édition du festival d’art contemporain de la cité phocéenne Art-Ô-Rama. La programmation, très riche, comprenait des œuvres récentes et créées in situ par des artistes parmi lesquels : Wilfried Almendra, Claude Closky, Ugo Schiavi, Antoine Carbonne, Jean-Baptiste Janisset, Romain Rambaud, Pauline Lavogez, Wilfried Nail, Victor Vaysse, Lise Stoufflet, Romain Vicari…

Le fonds a également financé l’édition d’un hors-série du magazine Point Contemporain consacré à l’événement.

Ugo Schiavi
Alan Schmalz
Antoine Carbonne
Antoine Nessi
Bérénice Lefebvre
Charles Thomassin
David Douard
Estel Fonseca
Elsa Bres
Frederic Sanchez
Gabriel Haberland
Gregory Cuquel
Ivan Chavaroche
Jean-Baptiste Janisset
Jean-Baptiste Janisset
Blockhaus de l'escalette
Off-Art-ô-Rama 2019
Lise Stoufflet
Marc Etienne
Margaux Janisset
Maylis Doucet
Mehdi Besnainou & Yoan Sorin
Olivain Porry
Pauline Lavogez
Remi Bargard
Romain Rambaud
Romain Vicari
Stessie Audras Lacombe
Sylvie Reno
Timothee Calame
Victor Daamouche
Victor Vaysse
Wilfrid Almendra
Wolf Cuyvers

« Entraînés de lieux abandonnés en usines désaffectées de la ville de Marseille par les artistes du Collective, vous, visiteurs, êtes invités à participer à une aventure qui se renouvelle à chaque édition. Conviés dans ces gestes d’insoumission à vivre auprès d’eux des découvertes faites d’interdits, à prendre le parti du hors-norme et de l’illégal, à poser le pied dans des espaces où le danger peut sembler imminent, vous partagez l’expérience d’une conquête territoriale et idéologique, dans l’inconnu d’une aventure qui vous engage, vous expose et, pour toutes ces raisons, intensifie votre rapport à l’art. »

Daniel Guionnet, rédacteur en chef de la Revue Point contemporain

Article dans la revue Point Contemporain

BARAKA ALLAH OUFIK

2018 | TOUBA (SENEGAL) | Production KAPAPULT

Avec l’artiste Jean-Baptiste Janisset

Le fonds de dotation a apporté son soutien au projet Baraka Allah Oufik de l’artiste Jean-Baptiste Janisset. L’artiste s’est rendu à Touba au Sénégal pendant la cérémonie religieuse du Magal au cours de laquelle un bœuf est sacrifié puis partagé par la communauté. L’artiste a ensuite moulé les os blanchis de l’animal afin de réaliser l’œuvre Baraka Allah Oufik. Katapult est intervenu en qualité de mécène pour financer le voyage, la production et les trois semaines de résidence à Touba. La pièce finalisée a été montrée pour la première fois lors de l’exposition personnelle de Jean-Baptiste Janisset À ma vie à la galerie Alain Gutharc en janvier 2019. Enfin, Jean-Baptiste Janisset a été retenu par Nicolas Bouriaud  pour faire l’exposition Possédés au MOCO de Montpellier.

https://www.moco.art/fr/exposition/possedees-0

Jean-Baptiste Janisset – Baraka Allah Oufik – 2019 – 35 x 70 cm – Plâtre et plomb – © Aurélien Molle – Courtesy Galerie Alain Gutharc

“Jean-Baptiste Janisset pratique une sculpture de terrain. Par le moulage, il prélève in situ des éléments divers : des sculptures, des objets, des ossements. Sa démarche implique le déplacement et la rencontre. L’artiste arpente par exemple les rues de Nantes à la recherche des traces visibles et concrètes du colonialisme et de l’esclavage. À Nantes toujours, il découvre dans la cathédrale un emblème d’Anne de Bretagne au bas duquel est gravé « À ma vie ». L’artiste le moule sur place et réalise un tirage en plâtre de l’objet. Sur un rond-point à Ziguinchor au Sénégal, il moule une partie d’une sculpture rendant hommage à Aline Sitoé Diatta (1920-1944), une résistante casamançaise surnommée la « Jeanne d’Arc d’Afrique ».

La jeune femme aurait en effet reçu une prophétie, elle entendait des voix lui demandant d’aider à l’indépendance de la Casamance. Guidée par les voix, elle active un mouvement de désobéissance et d’émeutes. Aline Sitoé Diatta est arrêtée, condamnée par l’administration française et déportée au Mali.
Elle meurt du scorbut à l’âge de 24 ans et bénéficie aujourd’hui d’une aura de martyre.

Les œuvres de Jean-Baptiste Janisset convoquent et rassemblent des histoires qui s’entrechoquent.
Il pose ainsi la question de l’écriture du récit d’une histoire collective complexe et du degré de conscience que nous pouvons en avoir : à qui rend-on hommage ? Que commémorer ? Quelles icônes ? Pour qui et pourquoi ? Le récit d’une histoire commune diverge inévitablement selon les contextes. Les moulages génèrent alors de nouveaux objets : les sculptures-archives d’une recherche en cours. L’artiste examine ce qui fait mémoire et monument, ce qui fait histoire. De Nantes à Libreville, en passant par le Sénégal, l’Italie, l’Algérie et la Corse, il s’immerge dans la vie quotidienne et spirituelle.”
Julie Crenn

Os du bœuf sacrifié pendant la cérémonie du Magal.

Jean-Baptiste Janisset – A ma vie – Vue d’exposition – © Aurélien Molle – Courtesy Galerie Alain Gutharc

HOST CALL )

2019 | NANTES | Co-Production Host (invitations d’artistes) : KATAPULT

Le fonds a apporté son soutien financier au projet Host Call) à travers l’acquisition d’une œuvre d’un des lauréats, la production d’une exposition à la galerie Mélanie Rio Fluency et une aide logistique à l’organisation de l’événement.

Insufflé par l’association Host (invitations d’artistes), Host Call), est un appel à candidatures destiné à permettre à de jeunes artistes d’être mis en avant en leur donnant la possibilité de montrer leur travail dans des conditions professionnelles. Host Call) veut se positionner dans la découverte de nouveaux talents et le soutien aux jeunes artistes. Host Call) veut révéler la création contemporaine émergente et souhaite apporter une aide logistique aux artistes dans la production de leurs œuvres avec un accompagnement particulier et personnalisé.

Exposition Host Call) 2019 à l'École des Beaux Arts de Nantes

« En tant qu’assistante d’artistes, je me suis aperçue qu’à Nantes, il n’y avait pas d’appel à projets ouverts sur le plan national », pointe Annie Fillon, qui monte son association Host (invitations d’artistes) en juillet 2018 et enchaîne par l’appel aux artistes début mars 2019.

Parmi les critères : avoir moins de 35 ans, être francophone, diplômé d’une école d’arts, et proposer une œuvre d’art plastique ou visuel. « Les dossiers sont d’un très bon niveau, se félicite Annie Fillon. Un peu moins de la moitié venaient des Pays de la Loire, beaucoup de Bretagne. Nous avons reçu des candidatures de toute la France et même de l’étranger. »

Parmi les lauréats, Rémi Duprat et ses plaques de marbres a priori banales, mais sur lesquelles des motifs apparaissent en s’approchant. « Il a réalisé des dessins de glycine qui se révèlent grâce à l’action de l’acide sur le marbre » , précise la présidente de Host. Artiste Monégasque, Sophie Blet travaille à l’aide d’une photocopieuse qu’elle laisse capot ouvert afin de faire apparaître des formes « fantômes », de manière aléatoire.

Source : Ouest France

LES FANTÔMES SE DÉROBENT COMME DES IMAGES

2018 | MARFA – NOUVEAU MEXIQUE | Pré-Production KATAPULT

Avec les artistes Pascale Rémita et Alexandre Meyrat Le Coz

Katapult s’est engagé sur « Les fantômes se dérobent comme des nuages » porté par les artistes Pascale Rémita et Alexandre Meyrat Le Coz dès l’origine en apportant des fonds pour amorcer le projet. Celui-ci débute par un périple à travers l’Ouest américain, dans les pas et les mots du poète Pierre Gicquel qui a lui-même parcouru les étendues désertiques du Nouveau Mexique et de l’Arizona. La restitution de ces voyages se découpe en trois chapitres : Le paysage excite le verbe, A journey, Where heart meets the sky. Le fonds s’est également investi dans l’obtention d’une résidence pour les artistes à Marfa au Nouveau Mexique.

« Les fantômes se dérobent comme des nuages » désigne un projet à partir duquel des notions de voyage et de paysage partent à la rencontre des mots, ceux du poète Pierre Giquel.
Avec lui, les deux plasticiens Pascale Rémita et Alexandre Meyrat Le Coz construisent le projet et invitent deux autres intervenants, le musicien François Joncour et le critique Julien Verhaeghe.
Le projet se déroule en plusieurs étapes. La plus importante d’entre elles étant celle qui consiste en plusieurs périples au cœur de l’Ouest américain.
Succédant aux pas du poète, il s’agit pour les quatre protagonistes de s’imprégner d’un univers chargé de représentations et d’imaginaires. Les grandes étendues désertiques que l’on retrouve dans les westerns, les ciels démesurément bleus, le souffle des vents ou les récits indigènes seront alors à même de constituer une matière première propice à des créations expérimentales.
Aussi, des restitutions résolument transdisciplinaires seront envisagées, aux États-Unis comme en France. Elles permettront de ponctuer les différentes étapes du projet, et de donner corps à une sémantique du déplacement qui s’appuie en grande partie sur l’impalpable, la circonstance et l’évanescent.
Une forme d’hommage au poète pourra ainsi être mise en évidence, ne serait-ce parce que c’est en restant léger et insouciant que l’on résonne le mieux avec les mots qu’il nous a laissé.

Julien Verhaeghe

«Les mots n’appellent pas à être déconnectés, ils sculptent des non-dits, des non-voirs, des non-écoutes. L’hymne est à découvrir.»
«Être dans des paysages c’est accepter de bouger nos vies.» Pierre Giquel

Écrivain, poète et critique d’art, Pierre Giquel est né en 1954 à Mayenne et a vécu à Nantes où il a enseigné à l’École des Beaux-arts. Il a contribué à de nombreux catalogues d’expositions et revues d’art. Depuis le début des années 1980, ses textes ont été édités dans de multiples publications d’art contemporain et des parutions d’institutions. Ses ouvrages monographiques, parfois édités sous la forme du livre d’artiste, ont donné lieu, lors d’expositions et d’invitations, à diverses propositions par le biais de chansons, lectures, pièces sonores ou oeuvres d’art. Ses écrits, qui ont profondément marqués nombre d’artistes, sont le point de départ de ce voyage.

Le projet est soutenu par : Katapult, Nouveau Studio Théâtre, Beaux-arts de Nantes Saint Nazaire, Alambic’théâtre, Institut Français + Ville de Nantes

Chapitre 1. Le paysage excite le verbe / The landscape excites the verb

« Le paysage excite le verbe » est une installation scénique élaborée par les plasticiens Pascale Rémita et Alexandre Meyrat le Coz, dans le cadre d’une carte blanche proposée par l’Alambic’théâtre. Accompagnés du musicien François Joncour et du critique Julien Verhaeghe, l’installation associe les mots du poète Pierre Giquel à des représentations visuelles ou sonores évoquant les grandes étendues de l’Ouest américain.

Le visiteur, muni d’une lampe de poche, est préalablement invité à traverser un espace plongé dans une demi-obscurité. Des éléments de décor émergent peu à peu, en restituant un imaginaire porté par des ciels aux nuages épais, des cactus dressés comme des totems et des teintes intenses qui figurent différents moments du jour, lorsque les horizons sont lointains et dégarnis. L’ambiance musicale, en évoquant des étendues soufflées par le vent et des écoulements cristallins, suggère une atmosphère quelque peu climatique, comme s’il avait été question de se confronter aux éléments.La traversée de l’installation possède donc une réalité flottante et résolument immersive, tandis que le visiteur est sollicité, dans un second temps, auprès d’images au format de carte postale qu’il éclaire de sa lampe de poche. L’éclat du faisceau lumineux révèle des représentations iconiques, en se référant par exemple au genre cinématographique du western, ou en pointant la démesure de paysages façonnés par des temps géologiques. Surtout, la lumière enclenche un dispositif de captation qui permet à des extraits sonores issus d’un poème de Pierre Giquel de se diffuser dans l’espace. Les mots, déclamés avec un fort accent américain, affirment un attrait pour les petits riens, mais aussi une sorte d’envoûtement, celui qui résulte de la découverte de paysages encore un peu mystérieux que l’on n’a pas encore apprivoisés. L’installation « Le paysage excite le verbe » semble ainsi habitée par les vers du poète ; la déambulation physique s’est doublée d’une déambulation mentale, l’absence est devenue la présence.

Chapitre 2. A Journey

Avec A Journey, le musicien François Joncour enclenche le second volet du projet « Les fantômes se dérobent comme des nuages », à partir duquel des notions de voyage et de paysage partent à la rencontre des mots, ceux du poète Pierre Giquel. Mis en place à l’aide de trois autres intervenants – les plasticiens Pascale Rémita et Alexandre Meyrat Le Coz, et le critique Julien Verhaeghe – François Joncour se rend plusieurs semaines au cœur de l’Ouest américain, en attendant que les autres participants le rejoigne. Un cadre de travail peut alors se mettre en place. Tel un éclaireur parti aux avant-postes, François Joncour identifie les lieux et les espaces qui lui parviennent, en suivant toutefois une approche singulière, dès lors qu’il procède à des enregistrements sonores quotidiens. Le protocole d’échange mis en place avec les autres participants consiste alors à travailler à partir de ces récoltes sonores, depuis la France, c’est-à-dire à s’interroger sur des processus de projections, qu’elles soient imagées ou fantasmées, sur la base seule du son.

Ce second chapitre poursuit ainsi la volonté plus globale de succéder aux pas du poète Pierre Giquel. S’il s’agit pour les quatre protagonistes de s’imprégner d’un univers chargé de représentations et d’imaginaires, il est également question de jouer sur les spécificités et les profils de chacun, comme c’est le cas ici en privilégiant le caractère sonore des perceptions que l’on se fait de l’ailleurs. En effet, que voit-on des grandes étendues désertiques que l’on retrouve dans les westerns, des ciels démesurément bleus, du souffle des vents ou des récits indigènes, une fois que nos yeux sont clos ? Quels sons, quels bruits ou murmures accompagnent des déplacements portés si loin ? On se rend alors compte, avec ce second chapitre, à quel point un tel périple repose sur l’impalpable et l’invisible. Bien davantage, semble-t-il, car dans le but de rendre hommage au poète, il faut aussi jouer des circonstances et des évanescences, ne serait-ce parce que c’est en restant léger et insouciant que l’on résonne le mieux avec les mots qu’il nous a laissé.

Chapitre 3 : Where heart meets the sky

Le projet « Les fantômes se dérobent comme des nuages » poursuit son cours avec ce troisième volet intitulé « Where heart meets the sky ». Dans ce cadre, Alexandre Meyrat Le Coz, Pascale Rémita et Julien Verhaeghe – deux plasticiens et un critique – sont partis sur les traces du poète Pierre Giquel en effectuant un périple de trois semaines sur les terres de l’Ouest américain.

Parmi les objectifs de ce voyage long de plusieurs milliers de kilomètres, la volonté de se confronter directement aux rencontres humaines, aux ambiances, aux lieux autrefois visités par Pierre Giquel, puis le désir d’expérimenter des imaginaires relatifs au déplacement.
De l’expérience de voir le verbe du poète à travers le paysage, apparaissent alors des formes d’incarnations. Les mots se transforment en figures dans lesquelles le poète n’a eu de cesse de se manifester : la présence animale, les éclats de voix, les personnages improbables lors de rencontres particulières.
La notion de paysage, s’ouvre alors sur une forme d’écho fiction au verbe et au poète, qui s’est faite omniprésente tout le long du voyage.
Accompagnés des sons rapportés par François Joncour parti en éclaireur lors du chapitre 2, les terres arides du Texas, les étendues démesurées du Nouveau-Mexique ou le faste des récifs montagneux de l’Arizona se sont avérés particulièrement propices à la stimulation des imaginaires. Le paysage, grandiose, démesuré, ne s’adresse pas seulement au sens de la vision ; bien davantage, le paysage s’écoute, se touche, se traverse. Il désoriente en même temps qu’il fascine et se fait unique tout en déclinant une multitude de facettes.

Julien Verhaeghe

ARTAGON

OCT – NOV 2018 | PANTIN – GRAND PARIS |Partenariat : KATAPULT

Le fonds Katapult a apporté son soutien financier à la 4e édition d’Artagon :

Artagon IV – Heading East! 

ARTAGON est un projet international de recherche consacré aux étudiants en art et aux formations artistiques. Sa mission est d’explorer, de fédérer et de promouvoir les idées et les pratiques en gestation au sein des écoles d’art.

Présentée aux Magasins généraux, elle rassemble 32 artistes sélectionnés par un jury international au sein de 16 écoles d’art situées entre Paris et Moscou.

Commissaires : Anna Labouze & Keimis Henni

 
 
« L’activité d’ARTAGON s’articule autour de l’organisation annuelle d’une rencontre internationale pour les étudiants en écoles d’art. Cette manifestation, véritable première mondiale, est le fruit de l’association d’écoles d’art invitées et d’un jury composé de personnalités reconnues du monde de la création : artistes, curateurs, institutionnels, chercheurs, innovateurs, historiens, journalistes, galeristes, collectionneurs.
Le jury, réparti en plusieurs délégations, part à la découverte des écoles participantes et de leurs étudiants. À l’issue de chacune de ces visites bienveillantes, il invite une sélection d’entre eux à participer à une grande exposition collective.
Cette exposition annuelle, rythmée par une pluralité d’événements, porte la voix des artistes en devenir. Elle entend offrir des opportunités, initier des rencontres déterminantes et engager des pistes de réflexion sur la transmission et les futurs de la création. Elle est enfin conçue comme une célébration des étudiants en art et des jeunes artistes. »

Source : artagon.co

ACQUISITION « 6rBHd-1021 » SIMON THIOU

Simon Thiou |6R-1021.1415926535 |2015
Plaque à carreler | colle à carrelage | béton
205 x 80 x 180 cm

© Sylvain Bonniol

Simon Thiou décale les usages des matériaux ; il leur donne une autre forme de vie souvent froide et presque clinique. Impeccables mais fondamentalement déviantes, ses découpes, entraves, excroissances, greffes, destructions l’assimileraient presque à un docteur Robert Ledgard de la sculpture. Cependant, si ces croisements non naturels induisent des développements dramatiques qui (dé)génèrent les formes, donnant naissance à des « choses qui existent juste à côté de nous, derrière un voile transparent », l’artiste crée d’abord des fictions.
De plus, en interrogeant l’histoire des objets tout autant que leurs formes et leur matière, en se nourrissant du cinéma de science-fiction comme de la sculpture, Simon Thiou invente des narrations complexes et référencées, dont ses sculptures ne seraient que les résurgences éclatées, les pièces de puzzle d’un monde parallèle.
Camille de Singly

http://www.simonthiou.com/pauline.html

ÉBRÈCHEMENT

2018 | NANTES | Production : KATAPULT

Avec l’artiste Benoît Travers

Katapult soutient le projet Ébrèchement de l’artiste Benoît Travers, série d’œuvres et de performances. À travers son  mécénat, l’acquisition de plusieurs œuvres de l’artiste et une bourse d’aide à la mobilité pour une résidence d’un mois à Hambourg, le fonds s’investit dans le développement de ce projet artistique de qualité inspiré par la philosophie de Ludwig Wittgenstein.

Benoît Travers sur le site réseaux d’artistes en Pays de la Loire

L’ébrèchement est le geste fondateur d’actions sculpturales et sonores de transformations aux contours vibrants, que je mets en œuvre sous forme de performances en immersion. C’est un dispositif performatif et sculptural de transformation, celui de marteler/frapper avec comme seuls outils des marteaux/haches sur différents objets utilisés dans le quotidien professionnel par l’ouvrier de chantier : ici, après l’échafaudage (2018), des objets industriels devenant un set de percussion pour une performance live et une cabane de chantier habitat. »
Benoît Travers

Avec obstination, Benoît Travers martèle. Il martèle la matière, mettant son corps à l’épreuve des pièces de métal qu’inlassablement il attaque, coup après coup après coup, y laissant les traces irrégulières et répétitives – mille fois, dix-mille fois renouvelées – de son obstination à lui imprimer des stigmates. Mais le métal a la peau dure ; il ne se laisse pas (a)battre facilement. Si les coups de burin du sculpteur donnent forme à la matière, Benoît Travers s’attaque à la forme existante, la déforme, l’informe. Le geste, simple, unique, répétitif, vain dira-t-on peut-être, opère une métamorphose inverse à celle du sculpteur. L’objectif cependant n’est pas de briser mais d’ébrécher. Ébrécher volontairement, rigoureusement, continuellement jusqu’à la limite de la destruction. D’un geste maladroit faire un geste délibéré, maîtrisé. D’un geste destructeur faire un geste créateur. »
Clara Muller

Benoit Travers métamorphose l’objet ordinaire. D’un geste unique il le mutile. Progressivement, l’origine de l’objet s’altère. L’objet perd son objet. Des œuvres aux contours flous se dessinent, un dispositif radical se construit. Machinalement, l’artiste actionne une opération soustractive de l’œuvre. Il invoque la présence conceptuelle et poétique de la pensée du philosophe L.Wittgenstein, pour qui l’homme n’est pas un être de la pensée mais de l’expérimentation. Et c’est en ce sens, que les œuvres de l’artiste deviennent le langage de l’action, son avoir lieu…

Mya Finbow

Lire article complet dans Point Contemporain #21 + Voir acquisition par le Fond de dotation Katapult

Benoit Travers, Ébrèchement De la certitude.

Ébrèchements brûlants | 2017 | Tirage photographique sur acier galvanisé et martelée

MUTATIO

2017-2018 | NANTES | Production KAPAPULT

Avec les artistes Mutatio et Jean-Baptiste Janisset

Katapult a été le mécène exclusif de l’artist-run space nantais Mutatio porté par le sculpteur Jean-Baptiste Janisset. Entre 2017 et 2018 une dizaine d’expositions personnelles ont été organisées invitant des artistes d’horizons variés à investir l’espace d’exposition de 13m2 situé dans l’atelier de l’artiste. Le fonds a également apporté son soutien à la production et la diffusion des expositions.

mutatio.fr

Lise Stoufflet

« C’est en 2017 qu’apparaît Mutatio, espace d’exposition d’art contemporain indépendant situé à Nantes. Aménagé au cœur des entrepôts Delrue, le lieu se développe à bas bruit dans l’ancienne friche d’artistes vouée à la disparition. Impulsé par Jean-Baptiste Janisset, cet artist-run space est une initiative privée. La mise à disposition d’une partie de la surface d’un atelier de travail est née du désir d’accompagner des artistes émergents sous la forme d’invitations. Ces cartes blanches sont autant de propositions de réappropriation et d’expérimentation dans lesquelles le rôle du dialogue est central. A la croisée des chemins entre plusieurs pratiques artistiques, Mutatio tient autant du relais que l’on trouvait le long des voies romaines dans l’Antiquité que d’un phénomène d’altération au contact des contraintes spatiales et des échanges entre artistes. Envisagé comme un interstice ouvert pour ceux qui ont besoin, le dispositif souhaite aussi faire rebond pour chaque trajectoire artistique. Le protocole d’invitation suppose d’investir un espace de 13 m 2 et de 3,5 mètres de hauteur par le volume et la couleur en le travaillant comme un environnement plastique. Chaque intervention fraye une voie alternative au white cube, condition de visibilité à l’histoire récente et peut-être non définitive. Au vide majestueux des lieux institutionnels, Mutatio substitue un espace bringuebalant, à bricoler, au rythme de la création en train de se faire. Les propositions varient les temps de résidence, de production et d’exposition selon le tempo de chaque artiste. »

Ilan Michel

Artist Run Space MUTATIO

Guillaume Mazauric

Wolf Cuyvers

Hugues Loinard

Romain Vicari

Lise Stoufflet

Victor Daamouche

Margaux Janisset

Charles Thomassin

UNDER THE SAND

2016-2018 | FRANCE-TUNISIE | Production : KATAPULT

Avec les artistes Wilfried Nail et Souad Mani

Le projet de rencontres artistiques franco-tunisien Under The Sand a reçu le soutien du fonds Katapult tout au long de son développement entre 2016 et 2018 sur les plans financiers et logistiques. Ce projet a permis à 3 expositions de voir le jour entre la France et la Tunisie, ainsi que la tenue de plusieurs échanges, ateliers et conférences entre les artistes et le public des deux nationalités.

under-the-sand.org

« Né de l’initiative de Wilfried Nail et de ses réflexions avec Souad Mani, vivant respectivement en France et en Tunisie, le projet Under The Sand habite l’errance, celle d’une résidence à la fois ancrée et flottante, prenant ses racines à la bordure du désert tunisien, dans le bassin minier de Gafsa. Aujourd’hui en situation de crise, le territoire fut pendant des décennies sous la tutelle de la CPG, la Compagnie des Phosphates de Gafsa, qui en exploitât les gisements. Le modèle colonialiste paternaliste, initié par les fouilles du géologue français Philippe Thomas, avait conduit au développement économique de la région et à la prise en charge de ses employés. Devenues par la suite une entreprise d’état, les mines souterraines furent exploitées à ciel ouvert, les pratiques d’extraction furent automatisées et les besoins en personnel diminués. À la corruption et à la montée du chômage répondait un paysage écorché, véritable plaie ouverte dans le paysage comme dans les chairs. Gafsa devint ainsi le terreau d’un embrasement perpétuel, d’où naitra un foyer de contestations qui s’étendra de Redeyef à tout le pays. Six ans plus tard, les cendres des Printemps arabes étaient retombées, Gafsa allait devenir une voie d’accès au mode de présence de ce qui avait sédimenté, car seuls les climats de crise raniment la mémoire et permettent de replonger les objets dans le processus qui les a vus naître. Le passé était toujours là, enfoui, mais autrement que sur le mode du souvenir conservé. Il était devenu un résidu, la trace d’un déchet qui, seul, en permettrait l’archéologie. »

Marion Zilio in ArtPress, Janvier 2017

Exposition « Nucléus » à l’Atelier, espace d’exposition de la Mairie de Nantes

Exposition « Nucléus » à l’Atelier, espace d’exposition de la Mairie de Nantes

PÉNATES

OCT 2017 | NANTES |Commissariat : Jean-Christophe Arcos  | Production : AzOnes – KATAPULT

Avec les artistes Guillaume Airiaud · Coraline de Chiara · Carole Douillard · Léna Durr · Yoeri Guepin · Léticia Martìnez Pérez · Wilfried Nail · Régis Perray · Simon Pfeffel · Xavier Veilhan

Katapult a pris part à l’organisation de l’exposition « Pénates » en octobre 2017 à Nantes en qualité de mécène exclusif, avec la mise à disposition d’un lieu d’habitation privé en attente de rénovation avant l’emménagement du propriétaire. Porté par l’association Azones et le commissaire d’exposition Jean-Christophe Arcos, ce projet singulier a bénéficié d’une belle fréquentation durant ses deux semaines de visibilité avec notamment la présence de la Galerie Zoo (Patrice Joly).

« Il ne s’agit pas à proprement parler d’une exposition : plutôt d’une tentative d’habiter, avec des œuvres, un lieu, le futur loft d’un passionné d’art, et une fonction, celle de commissaire d’exposition.
L’espace de l’appartement comme lieu de vie et de conservation, dont l’aura est gardée symboliquement par des esprits bienveillants, le corps aussi du commissaire investi et agi par des envies, des gestes et des pensées qui ne sont pas les siens. Ghosts, and shells.
Habiter, c’est avoir quelque part ses habitudes. Si habiter est une fonction humaine pour Le Corbusier, le terme revêt chez Durkheim le caratère fondateur du «faire société», puisque l’habitus constitue l’ensemble des cadres collectifs qui permettent à chacun des membres de s’individuer.
Face aux réalités plus prosaïques de la bénédiction du foyer, consacrant par l’art la demeure encore non occupée d’un collectionneur, se jouent les conditions d’une cohabitation entre vivants et non-vivants.
Il y aurait ainsi en quelque sorte exil en la demeure : quelque chose d’une transcendance qui échapperait par son invisibilité à la jouissance matérielle des murs tout en s’y tapissant. Peut-être un esprit des lieux?

Revient alors comme en écho cette idée selon laquelle l’art est ce qui rend le monde habitable. Vivre avec des œuvres prend alors un sens plein : faire apparaître par elles l’ambiguïté d’une matérialité qui porte en elle quelque chose qui la devance et la déborde.
Comme les deux mains, comme le corps au manche, l’artiste et le commissaire sont attachés. La différenciation entre le corps et son étranger peut s’estomper jusqu’à ne plus être revendiquée ni déterminée : face à une overdose d’objets, il est possible de poser le commissariat comme une mise en rapports entre sujets.
Selon cette perspective, le commissariat semble être en mesure d’affirmer son rôle politique, en tant qu’il met en visibilité une relation non plus à des objets marchandisés mais entre des acteurs subjectivés, des sujets, réunis dans une conversation, une pensée, une proposition communes.
Comment cohabitent les œuvres et les gens? Selon quelles temporalités, quels accrochages, quelles frictions? Comment la fréquentation assidue d’objets peut nous renvoyer à notre statut de sujets? Selon quels régimes?
Carole Douillard et Simon Pfeffel conçoivent pour l’exposition des performances activées par le commissaire, tandis que Régis Perray lui proposera une action spécifique ; Coraline de Chiara et Wilfried Nail conçoivent pour l’exposition des œuvres inédites. »

Jean-Christophe Arcos

© Carole Douillard
A Sleep, performance, 2005
(performance réalisée pendant le vernissage par le curateur Jean Christophe ARCOS)
En utilisant le regard et la coprésence physique comme matières premières,
Carole Douillard confronte la performance à sa nature propre, d’être hors
de toute distance de sécurité. Depuis peu, les protocoles qu’elle écrit sont
réalisés par des performers : l’artiste en vient alors à sculpter le vivant.

© Wilfried Nail

Collectionneur de matières brutes, bricoleur talentueux de dispositifs hasardeux sur lesquels s’étage, par-delà la matière, la somme des
souvenirs, Wilfried Nail échafaude une oeuvre où le prélèvement et le regard se rejoignent pour transformer l’opération artistique en collectage
© Coraline de Chiara, L’Aval, vidéo, 2017
Concentrant sa pratique sur la peinture, Coraline de Chiara exploite la
vidéo pour sa capacité narrative. Sa dernière vidéo, L’Aval, couvre d’une
poudre blanche les aliments et ustensiles de cuisine d’un service idéal. Elle
réalisera pour PÉNATES une vidéo contextuelle

© Guillaume Airiaud

The Mouth
Cuivre et cuir sur socle acier et plexiglas
2016
En couvrant la bouche, le masque THE MOUTH est conçu pour la scène
: il appelle inévitablement la performance et renvoie au corps comme
sculpture. Evoquant également l’imaginaire et l’iconographie de l’équitation
ou du SM, il érotise la bouche en la couvrant d’un objet mêlant la sensualité
du cuir et le brillant du cuivre poli.
© Xavier Veilhan
«Pour Papirwek»
Huile et feuille de cuivre sur toile
1988
En 1988, étudiant à l’ENSBA, Xavier Veilhan payait son dentiste avec un
tableau – en 2017, il représente la France à la Biennale de Venise. La toile
de 1988, sauvée des poubelles des héritiers du dentiste Papirwek, est
devenue l’involontaire souvenir de la vanité de l’art – et de la persistance
des dents.
© Leticia Martinez,
Señoras
Installation d’objets de design de supermarché
2017
Oscillant entre des références au kitsch et au camp et une esthétique
ultra contemporaine, Leticia Martinez travaille le ridicule dans l’interstice
entre culture noble et vernaculaire. L’art devient un plateau de jeu où les
sculptures comme les performances sont autant d’occasion de croiser
des personnages hybrides.
© Regis PERRAY
Action effectuée par Jean-Christophe ARCOS
Régis Perray s’emploie à faire du geste du ménage, itératif par excellence, la métaphore d’une démarche artistique articulée autour de l’idée du temps qui passe et de la nécessité de l’action qui fait face à ce passage.
© Simon Pfeffel
Performance interprétée par Jean-Chrisophe Arcos
Bien plus qu’une série de risques ou qu’une appétence pour l’acrobatie ou l’effort physique, le travail de Simon Pfeffel est tendu vers la
confiance. Ses pièces font appel à une présence invisible, en puissance – sans tension,
l’artiste porte son attention à aiguiser la nôtre.

ACQUISITION « Clonisation » BENOÎT TRAVERS

Benoit Travers | Clonisation | 2017 | Aile de voiture, 90 x 60 x 10 cm

Benoit Travers métamorphose l’objet ordinaire. D’un geste unique il le mutile. Progressivement, l’origine de l’objet s’altère. L’objet perd son objet. Des œuvres aux contours flous se dessinent, un dispositif radical se construit.

Machinalement, l’artiste actionne une opération soustractive de l’œuvre. Il invoque la présence conceptuelle et poétique de la pensée du philosophe L.Wittgenstein, pour qui l’homme n’est pas un être de la pensée mais de l’expérimentation. Et c’est en ce sens, que les œuvres de l’artiste deviennent le langage de l’action, son avoir lieu.

Ce processus de désœuvrement devient le développement complexe des expressions primitives de Benoit Travers. Et peu à peu, nous appréhendons les règles qui donnent leurs sens aux sculptures de l’artiste…

A lire article complet de Mya Finbow dans Pont Contemporain #21

Benoit Travers, Ébrèchement De la certitude.

ACQUISITION « labile » WILFRIED NAIL

Wilfried Nail | Œuvre en forme de batte de baseball | Verre soufflée et sablée | 2015

87 x 7 x 7 cm

Wilfried Nail est diplômé de l’École Nationale des Beaux-arts de Perpignan. Il a bénéficié de différentes bourses de production ( Région des Pays de la Loire, DRAC… ) ainsi que d’une allocation d’installation d’atelier. Il a participé à plusieurs expositions, festivals et résidences en France et à l’étranger, et est à l’origine de deux collectifs d’artistes : Lolab, Azones. Il est également fondateur d’un projet d’échanges, de résidences et d’expositions Franco-Tunisiens engagé sur le territoire particulier du Gouvernorat de Gafsa en Tunisie : Under The Sand. Ce projet qu’il produit et auquel il participe, se déroule de 2016 à 2019 entre Gafsa, Sousse, Saint-Nazaire, Nantes et Paris.

Voir website de l’artiste ci-dessous

Acquisition « elixir sauvette » Jean Baptiste Janisset

Jean Baptiste Janisset |Plomb |Plâtre | 2018

Inspiration et intuition sont sûrement les qualités premières de tout artiste. Ce moment de résonance ultime, mais aussi de centrage sur soi-même et d’élévation de la conscience, est une expérience que les vibrations de certaines huiles essentielles proposent à qui est à l’écoute de ses sensations. La sauge officinale, le basilic exotique et l’angélique forment une synergie puissante sur ce registre. Sous cette emprise olfactive, l’artiste trouvera plus de fertilité et d’accomplissement. Son nez l’ouvrira à bien des dépassements. La sauge officinale stimule la créativité artistique, le basilic élève votre degré de conscience et l’angélique protège en recentrant. La synergie des trois aide tout artiste en quête de spiritualité et d’inspiration. Plante et santé – n°135 – Mai 2013

Voir website de l’artiste ci-dessous