UNDER THE SAND

Le projet de rencontres artistiques franco-tunisien Under The Sand a reçu le soutien du fonds Katapult tout au long de son développement entre 2016 et 2018 sur les plans financiers et logistiques. Ce projet a permis à 3 expositions de voir le jour entre la France et la Tunisie, ainsi que la tenue de plusieurs échanges, ateliers et conférences entre les artistes et le public des deux nationalités.

under-the-sand.org

Exposition "Nucléus" à l'Atelier, espace d'exposition de la Mairie de Nantes

« Né de l’initiative de Wilfried Nail et de ses réflexions avec Souad Mani, vivant respectivement en France et en Tunisie, le projet Under The Sand habite l’errance, celle d’une résidence à la fois ancrée et flottante, prenant ses racines à la bordure du désert tunisien, dans le bassin minier de Gafsa. Aujourd’hui en situation de crise, le territoire fut pendant des décennies sous la tutelle de la CPG, la Compagnie des Phosphates de Gafsa, qui en exploitât les gisements. Le modèle colonialiste paternaliste, initié par les fouilles du géologue français Philippe Thomas, avait conduit au développement économique de la région et à la prise en charge de ses employés. Devenues par la suite une entreprise d’état, les mines souterraines furent exploitées à ciel ouvert, les pratiques d’extraction furent automatisées et les besoins en personnel diminués. À la corruption et à la montée du chômage répondait un paysage écorché, véritable plaie ouverte dans le paysage comme dans les chairs. Gafsa devint ainsi le terreau d’un embrasement perpétuel, d’où naitra un foyer de contestations qui s’étendra de Redeyef à tout le pays. Six ans plus tard, les cendres des Printemps arabes étaient retombées, Gafsa allait devenir une voie d’accès au mode de présence de ce qui avait sédimenté, car seuls les climats de crise raniment la mémoire et permettent de replonger les objets dans le processus qui les a vus naître. Le passé était toujours là, enfoui, mais autrement que sur le mode du souvenir conservé. Il était devenu un résidu, la trace d’un déchet qui, seul, en permettrait l’archéologie. »

Marion Zilio in ArtPress, Janvier 2017