Le fonds de dotation

Katapult a pour mission de financer des projets, organiser des expositions et mettre en relation la la création émergente avec les acteurs de l’art contemporain. Créé en 2016 par Wilfried Pasquier, le fonds de dotation Katapult apporte soutien et visibilité à des propositions singulières portées par des artistes en début de carrière ou restant à découvrir, et les accompagne en France et à l’étranger.

INTERVIEW DE WILFRIED PASQUIER, FONDATEUR DE KATAPULT

Pourquoi avez-vous décidé de créer Katapult ?

Nantes regorge de véritables artistes et c’est avec eux que j’ai commencé à faire du mécénat en 2016 avec le projet Franco-Tunisien « Under the sand”. Pendant 2 ans j’ai pu échanger intensément avec nombre d’artistes, de critiques et de gens gravitant autour d’eux. J’ai trouvé passionnant ce mécénat « actif / participatif” parce qu’il répondait vraiment à mes envies d’amateur passionné d’art contemporain. La structure « fonds de dotation » m’a permis de dissocier cette activité de mon nom en créant une entité ayant sa propre identité et ses propres valeurs de soutien à la production artistique. Katapult est basé à Nantes, mais le fonds a clairement une vocation nomade.

Quelle est la mission du Fonds ?

En un mot: Katapulter! Au début, le fonds avait un spectre d’actions assez large, allant de l’aide à la production jusqu’à l’acquisition, aussi bien dans le domaine de l’art contemporain que dans celui de la musique électronique. Je me suis très vite recentré sur ce qui me parlait le plus: l’aide à l’organisation d’expositions.

Sur quels critères sélectionnez-vous vos artistes ?

Aujourd’hui cela reste un fonds de dotation assez confidentiel, mais j’ai déjà autour de moi un solide réseau dans le milieu de l’art. Je me déplace aussi régulièrement en galeries, foires, biennales, pour rencontrer de nouveaux artistes et développer des projets à venir.

Quel genre ou style privilégiez-vous ?

Aucun en réalité. J’ai soutenu des performances, acquis de la vidéo, des peintures, des sculptures. J’aime beaucoup les projets artistiques pensés dans leur globalité, avec leurs périodes de recherche, d’expérimentation, de production, d’exposition, de médiation, et jusqu’à leur diffusion dans des lieux publics ou privés.

Maylis Doucet
Off-Art-ô-Rama 2019

Quelles sont vos actions / projets dans le domaine de la musique électronique ?

Malheureusement, aucun pour le moment. Nous essayons cependant de réunir dans nos expositions tous les médias et l’art sonore en est un. J’aime l’hybridation et la porosité entre les différents univers. Je rêve d’un clip avec un travail de scénographie d’art contemporain.

Après cinq années de Katapult, de quoi êtes-vous le plus fier ?

C’est très difficile de choisir un projet particulier. Je suis un passionné, autodidacte et tous mes projets m’ont agrandi et enseigné. Chacun s’accompagne de très belles rencontres humaines et artistiques, mais je dois admettre que d’avoir soutenu l’artiste Jean-Baptiste Janisset à de nombreuses reprises pour des expositions où l’aide à la production a systématiquement été pour moi un expérience inoubliable. J’ai vu sa pratique artistique évoluer et le faire devenir l’artiste installé et exposé qu’il est aujourd’hui. Il a de son côté contribué à promouvoir la visibilité du fonds. C’est un partenariat qui représente parfaitement le concept Katapult.

Quels sont vos projets à venir ?

J’ai hâte de voir naître l’édition de Pascale Rémita que je soutiens, je produis une grande exposition avec 15 artistes pendant Art O Rama à Marseille fin Août 2021 et l’organise un shooting mêlant art contemporain et mode avec le magasine TEMPLE en Septembre.

Comment voyez-vous Katapult dans 10 ans ?

Je souhaite enrichir l’équipe qui m’entoure, avec toujours autant de fun et de plaisir à travailler ensemble. J’aimerais également rallier de nouveaux mécènes à notre étendard et avoir un lieu fixe à Nantes pourrait être vraiment sympa. Mais cette quête n’est pas une fin en soi: je suis tout aussi passionné par à la recherche de nouveau lieu pour exposer les artistes, qu’il soit ici ou ailleurs. L’itinérance née de cette approche nous donne beaucoup de flexibilité et nous verrons bien où le gré des rencontres nous amène. Le meilleur reste à venir!

Interview GotU.agency, 15 Juillet 2021