PEINTURE FROIDE PREND FEU

2021 |NANTES | PASCALE RÉMITA | MONOGRAPHIE

Une Coproduction Le Carré, Scène nationale – Centre d’art contemporain d’intérêt national / Château-Gontier-sur-Mayenne à l’occasion de l’exposition de Pascale Rémita « De la nature des choses » du 28 janvier au 11 avril 2021.
@le_carre_chateau_gontier

Édition réalisée avec le soutien de la Région des Pays de la Loire et de Katapult-Art-Fund.
Textes de Pierre Giquel, Judicaël Lavrador, Camille Paulhan et Éric Suchère

Pascale Remita convoque le réel en l’assourdissant. L’étrangeté qui se dégage de sa peinture révèle une grande finesse aux abords opaques et aux contours flous. Les surfaces, les paysages, le vivant y cohabitent pour ne faire parfois plus qu’un. L’oeil tente de s’accrocher pour finalement être emporté. On découvre le travail de Pascale Remita comme on regarde un film de Lynch : on tente de se rassurer en se référant au réel ou on accepte de lâcher prise pour jouir des sensations que la peinture nous offre. Accepter de se laisser submerger par ces images engourdies, c’est sans nul doute la meilleure façon d’entrer en contact avec ces peintures, ces fusains et ces films qui touchent tantôt à l’informel, à l’évanescent, tantôt à la trivialité et la rugosité d’images trouvées revisitées.

« Pascale Rémita peint des choses mouvementées mais arrêtées, tenues en laisse du bout d’un pinceau calme, mais pas si net qu’il n’y paraît. […] Elle décrit le tumulte, la frénésie, les forces (de la nature) mais comme au ralenti. »

Judicaël Lavrador

Pascale Rémita est une artiste peintre contemporaine. Après des études à l’École supérieure des Beaux-Arts de Nantes et à l’université de Paris I-Sorbonne, sa pratique devient le fruit d’un dialogue qui s’entretient au travers de la toile, de l’image numérique et vidéo et au fil des voyages de l’artiste. Séquences intermédiaires, lieux en suspens, tels des fragments d’un réel aux perspectives équivoques, ses peintures, fusains et films élaborent l’idée d’une mise au point en constante définition d’un visible et du sensible. Ses oeuvres figurent dans de nombreuses artothèques, collections privées, et dans les collections publiques des Frac Poitou-Charentes et Pays de la Loire.

Critique d’art et commissaire d’exposition, Judicaël Lavrador est également collaborateur régulier à Libération et à Beaux-Arts Magazine.

Camille Paulhan est historienne de l’art, critique d’art et enseignante à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Lyon.

Éric Suchère, écrivain, enseigne l’écriture à l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne, codirige la collection « Beautés » avec Camille Saint-Jacques et est le directeur artistique de L’art dans les chapelles.
Cette monographie reprend le titre d’un texte de 2017 écrit par Pierre Giquel pour Pascale Rémita et présenté en ouverture de l’ouvrage.

Écrivain, poète et critique d’art, Pierre Giquel (1954-2018) était également enseignant à l’école supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole, et a contribué à de nombreux catalogues d’expositions et revues d’art.