SERVICE CONTINU | La Volonté 93

Du 3 au 13 Novembre 2022 | 15 rue Jean Pernin Saint Ouen

Aide à la Production Fonds de dotation Katapult |Commissariat Club Invisible

Artistes Hugo Avigo, Jeanne Briand, Louis Chaumier, Raphaël Massart, Imrane Mertad, Margot Pietri

Agence Lalicorn Studios | Photos ©

L’exposition SERVICE CONTINU propose d’interroger le concept de « temps libre » dans un contexte sociétal au sein duquel l’association de ces deux termes peut sembler antinomique.

Face à une certaine difficulté à nous inscrire dans la temporalité qui est la nôtre – entre une tendance à la projection dans un futur fantasmé et la nostalgie d’un passé révolu à plus ou moins long terme – celle-ci paraît nous échapper au profit d’un univers vacillant proche de la virtualité.

De cette fuite en avant qui résulte d’une accélération de nos modes de vie, découle notre incapacité à nous emparer pleinement d’un temps présent qui ne nous appartient objectivement plus.

Dès lors que les technologies nous permettent d’accéder à un état proche de l’ubiquité, se profile une peur paradoxale du vide. Cette sensation d’accéder à un espace-temps décuplé entraîne une démultiplication des options et une anxiété nouvelle à l’idée de rater un évènement.

Cette jouissance addictive qui conditionne désormais nos manières d’être à compartimenter chaque parcelle du quotidien peut s’apparenter à une marchandisation du temps ; une aliénation à un système qui nous enjoint à l’urgence dans tous les domaines, collectif comme individuel.

Face à une appréhension du temps qui confine à l’absurde, les artistes de l’exposition initient des pistes de réflexion alternatives.

Casquette Katapult

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Nature ON OFF | There is no thing such as nature |

Juillet-Août 2022 | BePoet Aktionsraum | Francfort |

Projet soutenu par : Katapult-Art-Fund | Institut français et Ville de Nantes et Région Hauts de France | Bureau d’Art et de Recherche | Quebec |Stadt Frankfurt Am Mein |

Commissaires : Romain Rambaud & Guillaume Krick

Artistes : Gianin Conrad | Joëlle Jakubiak | Roamain Rambaud | Jean-Baptiste Janisset | Bertand Gadenne | Marion Richomme | Guillaume Krick | Clara Juliane Glauert | Villard & Brossard | Regis Perray | Performer : Aïda Lorrain

Agence : Lalicorn Studios

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NATURE ON OFF_FR

« La nature, ça n’existe pas »

Cette citation de l’anthropologue Philippe Descola nous fait reconsidérer l’idée de nature. Sa pensée a profondément renouvelé notre lien au vivant et dessine la voie d’une nouvelle relation entre humains et non-humains. Les artistes et commissaires Guillaume Krick et Romain Rambaud se sont inspirés de ces nouvelles lectures d’un monde en bascule afin de développer une exposition questionnant ces nouveaux liens au réel. En effet, l’objectif de cette exposition est de rendre visible un éventail de positions artistiques contemporaines à travers leur relation au vivant.

Celui-ci est interprété dans son sens large en tant que vie végétale, animale, mais également en adoptant des perspectives géologiques, archéologiques en lien avec l’histoire de l’art. Ainsi les artistes exposés prennent position, questionnent et développent des points de vue alternatifs, pour mettre en exergue des problématiques actuelles avec les limites posées par l’anthropocène.

À une époque dominée par l’humain et par les impacts de son mode de vie, (urbanisation galopante, surexploitation des ressources, réchauffement climatique et l’implosion imminente d’écosystèmes) où le contact avec le réel se fait de manière de plus en plus numérisée, dématérialisée et accessible uniquement avec l’interface d’un écran, le vivant revient brusquement sur le devant de la scène médiatique. Il nous rappelle cette réalité : nous sommes dépendants de lui et nous en sommes constituants. Nous souhaitons explorer collectivement cette façon « d’être au monde ». Comment ces événements actuels nous interrogent sur nos représentations et sur nos imaginaires ? Et quelles sont les répercussions sur la recherche artistique ?

Les artistes de l’exposition Nature ON OFF s’approprient cette question dans leurs pratiques dans une dimension critique et poétique qui permet un décalage sur l’existant. Ils développent des œuvres oscillant d’un monde artificialisé, dystopique allant du déchets vers une apocalypse, d’un monde en saturation éveillant le passage vers un ailleurs, un autre espace des possibles. Ou encore, les recherches s’axent sur un monde utopique, interconnecté de façon brute ou apaisée par des œuvres dans lesquelles se fondent le végétal, le minéral, l’animal et l’humain. Ces formes « animées » élaborées au travers des peintures et des sculptures, nous amènent donc à réintégrer le vivant dans notre quotidien pour en prendre davantage conscience.

Ces démarches d’artistes par leur réflexion, leurs gestes et leurs productions sont aussi à lire dans leur besoin et leurs convictions d’une transformation du réel vers un futur apaisé avec le vivant.

NATURE ON OFF_EN

This quote by the anthropologist Philippe Descale makes us reconsider the very idea of nature. His work has profoundly modified our relationship with the living world and sketches out a new possible way of connecting the human with the non-human world. The artists and curators Guillaume Krick and Romain Rambaud have been inspired by these new interpretations of an upended world so as to develop a show interrogating this new connection to reality. Indeed, the ai of this show is to present a large scale of artistic positions united by the way they question our relationship with the living world.

This « living world » is to be seen in its broadest sense : concerning plants and animals of course, but also including geological, archeological perspectives and even representations in art history. Thus, the artists participating in this show take position, question and develop alternative points of view so as to point out contemporary issues in the light of the anthopocene.

At a time when the human species dominates the earth, where urbanization and exploitation of ressources lead to climate change and push whole ecosystems towards the edge of implosion, we have acknowledged this reality indirectly, through the intermediary of a screen. But now, the living world suddenly seems to come back the centre of our attention, reminding us that we have always been, and will always be, part of it. Our show wishes to explore our way of « being in the world » and how recent events such as climate change or Covid question our ways to represent and to imagine the world artistically.

The artists of the show seize the question in a critical way that allows a poetic shift between their positions and reality. They develop their work oscillating between an artificial, dystopia world, between waste, over saturation and the Apocalypse, and the possibility of a possible better Tomorrow. We can also see some sort of utopia, interconnected by artworks where the plant, animal and mineral worlds mingle peacefully or brutally with humans. These « animated » ideas are explored via painting and sculpture and make us reintegrate consciously the living world in our everyday lives. By their underlying thoughts and gestures, these artistic positions express the need of an evolution of human society in order to establish a more peaceful relationship with the living world.

LES FANTÔMES SE DÉROBENT COMME DES NUAGES |  Chapitre 3 | Where heart meets the sky |

SAMEDI 25 JUIN 2022 | Centre d’Art Chapelle Jeanne D’Arc de Thouars |

Projet soutenu par : Katapult-Art-Fund, Institut français et Ville de Nantes, Beaux-Arts de Nantes Saint-Nazaire |

En présence des artistes : Pascale Remita, François Joncour et Alexandre Meyrat Le Coz.

Agence : Lalicorn Studios

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Pensée à six mains, l’exposition de Pascale Rémita, Alexandre Meyrat Le Coz et François Joncour pourrait s’apparenter à un souvenir resurgi d’un temps incertain, des éclats de mémoire vive, le récit subjectif d’un paysage fait de mythologies, de rêves et de légendes. Cette proposition s’inscrit dans le cadre du projet Les fantômes se dérobent comme des nuages, initié par Pierre Giquel, Alexandre Meyrat Le Coz et Pascale Rémita en mars 2018 : à la suite d’une résidence effectuée dans le Grand Ouest américain en 2019, s’est inventée une série de présentations pluridisciplinaires, entre installations, poésies, sons, images fixes et animées.
À Thouars, l’exposition dévoile le troisième chapitre de ce voyage au long cours : il se nomme Where heart meets the sky1, une manière poétique de diriger nos regards vers l’horizon, vers les questions de frontières et de strates, vers la délimitation fragile entre le songe et la réalité.

EFFET DE SEUIL
Au portail des chapelles se manifeste la valeur symbolique de la porte : le lieu fonctionne comme un dispositif incluant également le parvis et le porche, il est un espace de transition entre le profane et le sacré et souvent les processions s’y arrêtent sous la protection de figures tutélaires. À la Chapelle Jeanne d’Arc de Thouars, l’entrée de l’exposition amplifie la nature puissamment symbolique du seuil : entre deux jambages, le visiteur franchit une structure qu’il ne découvre qu’à rebours, en faisant le geste de se retourner. L’image qui se révèle alors pourrait rappeler les traditions populaires et leurs rituels de protection, propitiatoires ou magiques, liés aux portes, en l’occurence les dépouilles d’animaux clouées. Ici, c’est la photographie d’un cheval mort, prise par Alexandre Meyrat Le Coz en sortant du territoire de Monument Valley, une image puissante comme une scène de crime, et présentée avec un slogan, à la façon des grands panneaux publicitaires
américains : Jolly won’t jump anymore s’inscrit en grandes lettres rouges, cristallisant en une synthèse éclair l’iconographie du cowboy Marlboro et l’âge d’or du western, la couleur prédominante dans ce paysage de manganèse et la culture amérindienne, sans oublier le cheval le plus rapide de l’ouest, alter ego de Lucky Luke, qui s’offre ici devant nos yeux juste avant sa disparition. Un QR code figure sur l’image : en le scannant, comme on le ferait pour n’importe quel produit de consommation courante, le visiteur est dirigé vers une page internet où il peut observer Monument Valley en direct, désert rougeoyant filmé en continu par une webcam. Comment nos écrans restituent-ils la vastitude de l’espace, les variations atmosphériques, la poésie de l’Ailleurs, l’imaginaire du mirage ?

LIGNES PARADOXALES
Monument Valley (en français, la vallée du monument) est ce site naturel américain proche du Four Corners, point de jonction où se rejoignent l’Utah, le Colorado, le Nouveau Mexique et l’Arizona. À cette borne frontière, un monument existe où les Américains aiment venir se faire photographier : au sol, une croix délimite les marques de l’unique quadripoint du territoire des États-Unis où quatre États convergent. Au cours de son séjour à Monument Valley, Pascale Rémita fut très attentive à ces lignes géométriques projetées sur le paysage, en filmant notamment l’immensité alentour à travers la clôture du camp où elle résidait, qui imprimait son quadrillage sur la terre et le ciel, une grille qui lui a évoqué la cartographie américaine avec ses états découpés au cordeau, ainsi que le Four Corners Monument. Ces jeux de lignes entrent aussi en résonance avec l’architecture du centre d’art, rythmée par les alignements de pierres et les barlotières des vitraux de la chapelle. Au fusain, sur trois panneaux de bois, l’artiste se saisit de certaines images issues de sa vidéo Hi love, très connotées par les emblématiques cheminées de pierre : ces scènes cadrées, qui jouent sur le hors-champ, répercutent une réalité impossible à embrasser, que le regard ne peut dompter. Le titre de ce triptyque, Sous l’ombre des étendues endormies, fait référence à cet espace caractéristique des États-Unis que l’industrie du cinéma a largement illustré, et qui demeure un lieu sacré pour les peuples Amérindiens qui l’ont occupé originellement, ces Navajos qui vivent aujourd’hui du tourisme et de l’exploitation d’une gigantesque mine de charbon2. La matière noire du fusain de l’artiste, veloutée et pulvérulente, renforce l’aspect minéral, presque fossile, de cette région aride, et la moirure du bois, un contreplaqué de peuplier laissé brut, rejoint la rondeur des nuages. Comme à son habitude, Pascale Rémita brouille les règnes et multiplie les circulations entre le construit et le naturel, entre le visible et le sensible. Ce triptyque est une question posée à la représentation du paysage, lorsqu’il est comme ici un symbole, qu’il représente l’immensité même.

PLAN D’HORIZON
Monument Valley se distingue par ses formations géomorphologiques composées de mesas et de buttes-témoins. Au fil de son voyage long de 6000 km au cours duquel il a traversé sept états, Alexandre Meyrat Le Coz commence à inventorier certaines lignes géologiques croisées en chemin. Chaque jour, l’artiste photographie le paysage, en s’intéressant tout particulièrement à sa ligne d’horizon, puis à la fin du voyage, il retranscrit cet inventaire de 466 lignes sous forme de dessin. De ces lignes, Alexandre Meyrat Le Coz tire une plaque dite cliché magnésium, produite par gravure chimique en vue de réaliser des impressions : au verso du triptyque de Pascale Rémita, cette plaque accompagnée de plusieurs tirages rouges sont exposés, comme une étape expérimentale de l’écriture du paysage traversé.

Plus loin dans l’exposition, de fines structures en inox supportent ces mêmes lignes géologiques, découpées dans un papier translucide qui rappelle l’hostie, dans la matière comme dans la transparence. Espacées de 3 cm, ces silhouettes de paysage
s’étagent en plans délicats, qui évoquent les boîtes d’optique du début du XIXe siècle, et leur représentation perspectiviste au moyen de plusieurs décors positionnés les uns derrières les autres, repris ensuite dans les dioramas dépliants. Ce théâtre du paysage réinventé par de nouvelles stratifications épurées, stylisées à l’extrême, prolonge l’idée des multiples traductions de l’espace naturel qu’envisage Alexandre Meyrat Le Coz, qui entreprendra bientôt une transposition de ces lignes en partitions sonores.

CAPSULE COOKIE
Situé au Nouveau Mexique, le Kasha-Katuwe Tent Rocks3 est un parc célèbre pour ses formations de roches en forme de cônes, appelées en français cheminées de fées, et provenant d’éruptions volcaniques d’il y a 6 à 7 millions d’années. Lors de sa visite de ce site lunaire, Alexandre Meyrat Le Coz laissa tomber un cookie au sol : couvert de terre, le petit gâteau est devenu, par empreinte, un extrait de paysage, précieux comme une relique. L’artiste en expose une photographie, intitulée Kasha-Katuwe Tent Rocks Cookie. En creux, cette image-souvenir pose de multiples questions : comment lit-on un paysage ? Est-ce qu’on le consomme ? Qu’est-ce qu’on en ramène ?

FOYER ODORIFÈRE
À l’emplacement du choeur de la chapelle, devenu foyer condensateur d’énergie, Pascale Rémita présente la vidéo Miles of cactus : un long travelling entre chien et loup, dans le parc national de Saguaro, célèbre pour ses cactus candélabres, dont la silhouette filmée en contre-jour se découpe comme dans un théâtre d’ombre, sur fond de ciel aux nuages féeriques. L’atmosphère sonore, créée par François Joncour, combine sons d’ambiance et rifs de guitare à résonateur, avec effets d’échos mélancoliques : un voyage crépusculaire et contemplatif, entre l’éveil et le rêve.
Dans ce choeur, le visiteur est invité à transiter vers une autre dimension : au sol, une plaque de zinc délimite un foyer où se consument des bâtons de sauge, traditionnellement utilisés par les Indiens pour leurs rituels. Sa fumée est bénéfique pour décharger les lieux des énergies négatives, et purifier les personnes ou les événements. L’étymologie du mot confirme cette
dimension : sauge vient du latin «salvare» qui signifie «guérir».

VIBRATION
Compositeur, François Joncour appréhende l’espace que lui attribue l’exposition de manière immersive et englobante : il fait le lien entre les oeuvres visuelles, tout en restituant la personnalité des paysages désertiques, leur aura presque magique, leur valeur cinématographique. Comme un personnage spectral, un autre fantôme dans l’exposition, sa composition sonore sait ménager les silences, entreprendre des pauses pour mieux revenir hanter le récit, de sons naturels captés sur les lieux du voyage, ou d’amorces musicales porteuses de réminiscences et d’analogies avec le genre codifié du western américain contemporain, jamais loin du spleen. Des états de suspens, des ruptures rythmiques, des bruits diffus qui surgissent au loin, accompagnent les accords de l’exposition et lui confère une atmosphère particulière, perpétuellement
changeante.

CONTEXTE FEUILLETÉ
Dans Hi Love, triptyque vidéo installé par Pascale Rémita au sous-sol de la chapelle, on croise un cheval, un Indien furtif, des cavaliers lents, la silhouette des mesas, un terrain clôt et des cordes qui flottent au vent. Autant de signes qui renvoient au temps géologique comme à l’activité humaine, à l’espace immense du désert et du ciel comme à l’exiguïté de l’enclos domestique, à l’existence vivace de sensibilités paysagères autochtones, enchâssées dans celles des colons occidentaux. Les trois écrans se répondent en une sorte de chorégraphie feuilletée, où le réel est truffé de structures scéniques (plateau rocheux, enclos de bois), de quadrillages géométriques et de clichés cinématographiques. L’encolure du cheval répond à la ligne d’horizon, la verticalité immuable des cheminées de pierre dialogue avec l’horizontalité fuselée d’une vieille voiture américaine : les temporalités s’entrechoquent, au même titre que les jeux d’échelles se multiplient.
Également projetée au sous-sol, une vidéo d’Alexandre Meyrat Le Coz rend hommage à Georgia O’Keefe. Pour la première fois en 1943, l’artiste américaine peint un os de bassin collecté lors de l’une de ses marches dans le désert. S’il ne devient pas la métaphore directe des temps de guerre, le ciel qu’elle entrevoit dans la cavité de l’os incarne « ce bleu qui sera toujours là comme il est maintenant même après que les hommes en auront fini avec leurs destructions ». Dans le sillage de Georgia O’Keeffe, Alexandre Meyrat Le Coz célèbre la continuité du cycle vital en filmant le paysage à travers les os blanchis d’un bovin. Il en résulte une perte de repères, le pelvis imposant ses gigantesques proportions au-dessus du désert.

DERNIER POÈME
À la disposition du public dans le choeur de la chapelle, non loin de la vidéo Miles of cactus, un texte de Pierre Giquel décrit les multiples sensations éprouvées au cours de sa résidence dans le Grand Ouest américain : dans ce paysage de poussière, le feu côtoie la neige, le désert s’offre à la vague, la nuit et le jour ont rendez-vous. Si cette exposition au centre d’art de Thouars était un film, ce poème pourrait en constituer le générique de fin. Le voici :

LE JOUR DE LA NUIT
Parfois, j’ai la nostalgie des faveurs du désert. Les feux y brûlent soudainement, c’est une catastrophe quand n’importe quel fagot devient une torche inattendue.
Mais en dehors, c’est le souffle étrange de la terre qui nous étreint, c’est le murmure d’un vent soulevant un nuage de poussière à minuit, c’est une rose qui poussait à la fin du jour et s’est raidie pour dominer les buissons. On boit un verre frais sur la terrasse abritée d’un muret blanc.
C’est le jour de la nuit, on a tourné dans les environs, un film avec des acteurs hauts en couleur, un danger demeure : le serpent sans doute éveille en nous une peur ancienne et commune à tous. Le jour, ici a une qualité intentionnelle et luxurieuse, on glisse, la joue pâle, sur un flocon de neige. La terre attend la rivière haute. L’été l’a asséchée considérablement.
La nuit, si la ville s’arrête, le désert, lui, devient une offrande qui bat dans une vague. On ne parle plus, on se baisse pour cueillir le reflet d’une étoile, le cri obscur du coyote déchire le néant.
On devine la noirceur de l’animal nerveux dans le taillis bleu.
Pierre Giquel

Éva Prouteau, critique d’art

Notes
1 – Où le coeur rencontre le ciel.
Le site fait partiellement partie d’une réserve des Navajos : ces derniers nomment l’endroit
Tsé Bii’ Ndzisgaii, la vallée des rocs, et ont baptisé certains reliefs rocheux en fonction de
leur forme évocatrice. Ainsi on peut observer le Grand Chef indien, l’Aigle impérial, l’OEil qui
pleure, les Trois Soeurs ou la Botte de cowboy.
2 – L’une des mesas des Hopis, Black Mesa, transpire de l’eau. Une source certes limitée,
mais qui ne s’est jamais asséchée au fil des siècles. Black Mesa doit son nom à ses
gisements de charbon qui ont permis aux Hopis de traverser le temps avec une source
d’énergie à disposition : en dessinant au fusain, Pascale Rémita rend un discret hommage
à l’histoire tumultueuse des Hopis dans leur exploitation des sites carbonifères.
3 – Littéralement, les rochers en forme de tentes des falaises blanches.

SCROLLOPHAGE | Les Rencontres d’Arles, OFF |

Exposition du 5 au 15 Juillet 2022. A Space For Photography, 19 rue des Arènes, Arles.

Production Fonds de dotation Katapult |Commissaires associés Haos Galerie & Romain Rambaud|

Artistes Mélanie Bonajo, Grégory Chatonsky, Jean Baptiste Janisset, Guillaume Krick, Mélodie Mousset, Wilfried Nail, Romain Rambaud, Chloé Sharrock, Ken Sortais, Benoît Travers, Justin Weiler.

Performers Guillaume Krick & Alia Tsagkari, Benoît Travers, Charles Pennequin & Camille Escudero, Sandra Ancelot & Stephane Ink.

DJs Aube, Discolowcost

Agence Lalicorn Studios | Photos © Benoît Travers |

Photograph by Benoît Travers
Photograph by Benoît Travers
Photograph by Benoît Travers
Photograph by Benoît Travers
Photograph by Benoît Travers
Photograph by Benoît Travers
Photograph by Benoît Travers
Photograph by Benoît Travers
Photograph by Benoît Travers
Photograph by Benoît Travers
Photograph by Benoît Travers
Photograph by Lalicorn Studios
Photograph by Lalicorn Studios

Le terme scrollophage laisse supposer que l’utilisation du digital répond désormais à un besoin compulsif, une nécessité quasi vitale devenue indissociable de nos modes de vie. À l’heure où le fait de scroller semble déposséder l’image de toute singularité, cette exposition initiée dans le cadre des Rencontres d’Arles, interroge nos perceptions et nos manières de consommer la photographie. Ce néologisme tend ainsi à sonder nos dérives contemporaines tout en proposant d’autres voies que celle de l’aliénation à un univers virtuel qui pourrait constituer une perte d’identité.
L’exposition met en exergue une dichotomie entre la surreprésentation des corps qui se multiplient et se dispersent dans un système constamment alimenté par de nouvelles images et leur inévitable absorption dans cette nuée de données. Laissant entendre qu’une saturation intempestive de notre espace visuel par une multitude de figures anonymes conduit à un effacement progressif de toute individualité, Scrollophage présente autant de scènes fantomatiques et de paysages désertés pour évoquer d’autres mondes en marge de nos sociétés. Jouant des formes et des contreformes pour laisser transparaître leur présence en creux, les artistes de l’exposition font le choix d’opposer une altérité radicale à une continuelle reproduction du même.
Certains d’entre eux traduisent par l’absence, l’empreinte des corps dont la présence manifeste persiste. Le triptyque de Guillaume Krick – donnant à voir des épaves d’embarcations ensevelies après une traversée – est ainsi mis en regard avec les cénotaphes photographiés en Mauritanie par Wilfried Nail. À ces cimetières sans dépouilles viennent répondre les sculptures de Jean-Baptiste Janisset, ex-voto moulés à partir d’éléments glanés dans divers lieux de culte funéraires. Plus loin, dans l’oeuvre de la photojournaliste Chloé Sharrock, les débris de verre maculant le sol suggèrent un impact, témoin d’un événement dont on peine à définir l’ampleur et qui révèle là encore « la survivance d’un référent qui a disparu, qui est absent » 1. De la même manière, un tirage de Benoît Travers représente un abri de fortune sans habitant, saisi dans l’espace public, puis retravaillé par une technique de martelage.
Dans une autre perspective, Grégory Chatonsky met en scène un ailleurs post-apocalyptique généré par une intelligence artificielle dont la voix-off demeure l’unique trace de vie, quand Pierre Gaignard nous livre une vision anticipatrice d’un futur proche dans lequel il exécute un rituel chamanique halluciné au coeur d’une zone périurbaine dépeuplée. Justin Wieler, quant à lui, poursuit ses recherches picturales à dimension photochromique pour figurer des espaces indéfinis au sein desquels l’humain n’a pas sa place. Enfin, la sculpture anthropomorphe de Ken Sortais laisse entrevoir les vestiges d’un corps momifié après l’anéantissement de toute civilisation.

À ces différents tableaux se greffent des univers dans lesquels les êtres font dorénavant office de supports, réduits à un usage fonctionnel ou décoratif. Dans les vidéos de Melanie Bonajo, les corps fusionnent avec les objets prothétiques qui les enserrent et les contraignent tandis que dans le travail de Mélanie Mousset, le corps de l’artiste devient le socle d’un vase en formation dont l’orifice invite implicitement à une immersion dans son organisme. D’une autre manière, les pièces de Romain Rambaud montrent des anatomies parées de sex-toys qui se confondent avec différentes strates d’images accumulées, entre essences de bois texturées et décors acidulés de dessins animés. Par ailleurs, dans les performances pensées en duo par Guillaume Krick et Alia Tsagkari, Charles Pennequin et Camille Escudero, Sandra Ancelot et INK pour prolonger l’exposition, les corps sont amenés à reproduire compulsivement les mêmes actions à travers une répétition de mots, de gestes ou de sons qui confine à l’absurde.
Si dans ces travaux le corps est tour à tour absent, invisibilisé ou relégué à l’arrière-plan, il s’agit toujours pour les artistes de l’exposition de mettre en tension les notions d’image et d’identité, jouant de l’immatérialité propre à un environnement numérique. Pour cette raison, ils mettent en lumière des micro-récits évoquant des parcours de vies marginalisées, des scènes fictionnelles qui nous renvoient à l’inévitable chute de l’humanité ou encore des mondes parallèles dans lesquels le corps ne serait conçu que dans sa dimension utilitaire. Considérant qu’ « il existe un autre monde mais il est dans celui-ci » 2, les artistes de Scrollophage initient des trajectoires autres pour échapper à une virtualité omnipotente.

Camille Velluet

1 Georges Didi-Huberman, La ressemblance par contact. Archéologie, anachronisme et modernité de l’empreinte, Paris, Éditions de Minuit, 2008.
2 Oeuvres complètes de Paul Eluard. Volume 1 : 1913 – 1915, Paris, Gallimard, 1968.

The term scrollophage suggests that the use of digital technology is now a compulsive need, an almost vital necessity that has become inseparable from our lifestyles. At a time when the fact of scrolling seems to seems to deprive the image of any singularity, this exhibition initiated in the framework of the Rencontres d’Arles, questions our perceptions and our ways of consuming
photography. This neologism tends to probe our contemporary drifts while proposing other ways than the alienation to a virtual universe that could constitute a loss of identity.
The exhibition highlights a dichotomy between the over-representation of bodies that multiply and disperse in a system constantly fed by new images and their inevitable absorption in this cloud of data. Suggesting that an untimely saturation of our visual space by a multitude of anonymous figures leads to a progressive erasure of any individuality, Scrollophage presents as many ghostly scenes and deserted landscapes to evoke other worlds on the fringe of our societies. Playing with forms and counter-forms to let their presence show through, the artists in the exhibition choose to oppose a radical otherness to a continuous reproduction of the same.
Some of them translate by the absence, the print of the bodies whose manifest presence persists.
These works are compared with the cenotaphs photographed in Mauritania by Wilfried Nail. Jean-Baptiste Janisset’s sculptures, ex-votos molded from elements gleaned from various places of funerary worship, respond to these cemeteries without remains. Further on, in the work of
photojournalist Chloé Sharrock, the shards of glass smudging the ground suggest an impact, a witness to an event whose magnitude is difficult to define and which again reveals «the survival of a referent that has disappeared, that is absent»
In the same way, a print by Benoît Travers represents a makeshift shelter without an inhabitant, seized in the public space, then reworked. public space, then reworked by a technique of
hammering.
In another perspective, Gregory Chatonsky stages a post-apocalyptic elsewhere generated by an artificial intelligence whose voice-over remains the only trace of life, while Pierre Gaignard
delivers an anticipatory vision of a near future in which he performs a hallucinated shamanic
ritual in the heart of a depopulated peri-urban area. As for Justin Wieler, he continues his pictorial research with a photochromic dimension to represent undefined spaces in which humans have no place. Finally, the anthropomorphic sculpture of Ken Sortais gives a glimpse of the remains of a
mummified body after the annihilation of all civilization.

Guillaume Krick’s triptych – showing the wrecks of boats buried after a crossing – is thus «the survival of a referent that has disappeared, that is absent «. In the same way, a print by Benoît
Travers represents a makeshift shelter without an inhabitant, in the public space, then reworked by a hammering technique.
To these different paintings are grafted universes in which the beings are henceforth used as supports, reduced to a functional or decorative use. In the videos of Melanie Bonajo, the bodies merge with the prosthetic objects which enclose them and constrain them while in the work of Mélanie Mousset, the body of the artist becomes the base of a vase in formation whose orifice implicitly invites to an immersion in its organism.
In another way, the pieces of Romain Rambaud show anatomies adorned with sex-toys which merge with different strata of accumulated images, between textured wood species and acidulous decorations textured and acidulated decorations of cartoons.
If in these works the body is alternately absent, invisibilized or relegated to the background, it is always for the artists of the exhibition to put in tension the notions of image and identity, playing with the immateriality of a digital environment. For this reason they highlight micro-stories evoking marginalized life paths, fictional scenes that refer us to the inevitable fall of humanity or parallel worlds in which the body would be conceived only in its utilitarian dimension.
Considering that «there is another world but it is in this one», the artists of Scrollophage initiate other trajectories to escape an omnipotent virtuality.

Camille Velluet

 

KATAPULT ARTBOOK

2016-2021| NANTES – BANGKOK |

Les trajectoires d’un catalyseur d’art…

Une co-production Katapult & Lalicorn regroupant cinq années d’activités du fonds.

« Prise de risque », « aventure », « expérience »… A l’image de ces mots cités par Wilfried Pasquier, décrire le fonds de dotation Katapult, ses contours et ses activités, c’est d’abord une manière de dessiner en creux un portrait de son fondateur et d’un état d’esprit. Reflet d’une relation intime entamée avec l’art et les artistes, il y a maintenant une quinzaine d’années avec les premières acquisitions d’oeuvres par celui-ci, Katapult n’est que la prolongation naturelle d’une histoire, tenant à la fois du projet de vie et de l’attitude, une affaire de personnalité et de passion.

Loin de l’image du collectionneur d’art installé, par le biais de sa structure, Wilfried Pasquier, tête chercheuse et autodidacte, n’a de cesse dès lors de multiplier les visages et les rôles selon les contextes, tour à tour, producteur, interlocuteur, collectionneur…

De même qu’il privilégie l’intérêt pour l’expérimentation, les processus de fabrication, l’élaboration et la genèse d’une œuvre, plutôt que l’objet fini d’une pièce, Wilfried Pasquier s’envisage volontiers comme un « facilitateur » , compagnon de projet des artistes au fil des rencontres.

Du Sénégal à Nantes, de Marseille au Nouveau-Mexique, d’une galerie d’art à un désert de Tunisie,

Katapult a posé ses jalons et marqué sa signature au fil de ces dernières années, à la manière d’une interface nomade et protéiforme : soutien à l’exposition, suivi de production, aide à l’édition, au projet ou à la mobilité, acquisition d’oeuvres…

Dans un dialogue constant avec des critiques d’art, curateurs et autres différents acteurs de l’écosystème de l’art, Katapult s’envisage comme une façon constante et réactualisée d’être au milieu de la création contemporaine et émergente.

Fonctionnant à l’envie et au désir, guidé par les mêmes idées de curiosité et d’ouverture, si Wilfried Pasquier aime à évoquer au passage quelqu’un comme Nicolas Bourriaud, c’est en référence à ces notions d’hybridité et de transversalité dans les arts plastiques. Se voulant lieu d’échange et de mise en réseau, destiné à rendre visible et vivifiant des regards et des approches, Katapult renouvelle la figure du mécénat privé, conjuguant le plaisir de la découverte et de la recherche, celui de tisser des liens telle une certaine idée de faire communauté.

Kaléidoscope résolument tourné vers de nouveaux futurs, la présente publication retrace un parcours et cinq ans de nuances de projets et de soutiens menés par Katapult avec des artistes, autant de différentes vies, qui annoncent déjà d’autres rafraichissants possibles.

Frédéric Emprou

Pour commander le livre, adresser un email à fredy@lalicorn.com

Prix : 30 € + frais de port

PEINTURE FROIDE PREND FEU

2021 |NANTES | PASCALE RÉMITA | MONOGRAPHIE

Une Coproduction Le Carré, Scène nationale | Centre d’art contemporain d’intérêt national /Château-Gontier-sur-Mayenne à l’occasion de l’exposition de Pascale Rémita « De la nature des choses » du 28 janvier au 11 avril 2021.
@le_carre_chateau_gontier

Édition réalisée avec le soutien de la Région des Pays de la Loire et de Katapult-Art-Fund.
Textes de Pierre Giquel, Judicaël Lavrador, Camille Paulhan et Éric Suchère

Pascale Remita convoque le réel en l’assourdissant. L’étrangeté qui se dégage de sa peinture révèle une grande finesse aux abords opaques et aux contours flous. Les surfaces, les paysages, le vivant y cohabitent pour ne faire parfois plus qu’un. L’oeil tente de s’accrocher pour finalement être emporté. On découvre le travail de Pascale Remita comme on regarde un film de Lynch : on tente de se rassurer en se référant au réel ou on accepte de lâcher prise pour jouir des sensations que la peinture nous offre. Accepter de se laisser submerger par ces images engourdies, c’est sans nul doute la meilleure façon d’entrer en contact avec ces peintures, ces fusains et ces films qui touchent tantôt à l’informel, à l’évanescent, tantôt à la trivialité et la rugosité d’images trouvées revisitées.

« Pascale Rémita peint des choses mouvementées mais arrêtées, tenues en laisse du bout d’un pinceau calme, mais pas si net qu’il n’y paraît. […] Elle décrit le tumulte, la frénésie, les forces (de la nature) mais comme au ralenti. »

Judicaël Lavrador

Pascale Rémita est une artiste peintre contemporaine. Après des études à l’École supérieure des Beaux-Arts de Nantes et à l’université de Paris I-Sorbonne, sa pratique devient le fruit d’un dialogue qui s’entretient au travers de la toile, de l’image numérique et vidéo et au fil des voyages de l’artiste. Séquences intermédiaires, lieux en suspens, tels des fragments d’un réel aux perspectives équivoques, ses peintures, fusains et films élaborent l’idée d’une mise au point en constante définition d’un visible et du sensible. Ses oeuvres figurent dans de nombreuses artothèques, collections privées, et dans les collections publiques des Frac Poitou-Charentes et Pays de la Loire.

Critique d’art et commissaire d’exposition, Judicaël Lavrador est également collaborateur régulier à Libération et à Beaux-Arts Magazine.

Camille Paulhan est historienne de l’art, critique d’art et enseignante à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Lyon.

Éric Suchère, écrivain, enseigne l’écriture à l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne, codirige la collection « Beautés » avec Camille Saint-Jacques et est le directeur artistique de L’art dans les chapelles.
Cette monographie reprend le titre d’un texte de 2017 écrit par Pierre Giquel pour Pascale Rémita et présenté en ouverture de l’ouvrage.

Écrivain, poète et critique d’art, Pierre Giquel (1954-2018) était également enseignant à l’école supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole, et a contribué à de nombreux catalogues d’expositions et revues d’art.

« SI NOUS N’AVIONS PAS VU LES ÉTOILES »

SAMEDI 28 AOUT 2021 | Vernissage Buropolis Marseille | Art-o-rama « Hors les murs »

Exposition du 29 Août au 9 Octobre 2021 à Buropolis, 343 Bd Romain Rolland, 9ème étage, 13009 Marseille.

Directeur Artistique Jean-Baptiste Janisset | Sélection Capsules Vidéo Jean-Christophe Archos | Production Fonds de dotation Katapult | Communication & Presse gotu.agency | Graphic templemagazine.co |

Photograph by Bénédicte Desrus
Jean-Baptiste Janisset, Si nous n’avions pas vu les étoiles, zinc, plomb, étain, cuivre, 2021 Photograph by Bénédicte Desrus
Photograph by Bénédicte Desrus
Photograph by Bénédicte Desrus
Video Grégory Chatonsky - Solaire, 2021 Photograph by Bénédicte Desrus
Video Grégory Chatonsky - Solaire, 2021 Photograph by Bénédicte Desrus
Photograph by Bénédicte Desrus
Anastasia Bay, More pricks than kicks, 200x180 cm, Acrylic on canvas 2021 Photograph by Bénédicte Desrus
Bella Hunt & DDC, Athena stuc de chaux, pigments, céramics, bougie, 2021 Photograph by Bénédicte Desrus
Romain Vicari, Astralis impression jet d’encre, résine, 140x125 cm, 2021 + Romain Vicari, Pegasus impression jet d’encre, résine, Photograph by Bénédicte Desrus
Lux Miranda, Fire Belt part 1&2. Part 1 : Tapis en laine, 130x240 cm, 2021 Part 2 : 120x 140 cm, 2021 Courtesy of the artist & The Pill Photograph by Bénédicte Desrus
Wilfried Pasquier (Fonds de dotation Katapult) Photograph by Bénédicte Desrus

Fin juillet, l’imaginaire testostéroné de la conquête spatiale retombait mollement. A quelques jours d’intervalle, deux milliardaires accompagnés d’une poignée de leurs émules passaient quelques minutes en apesanteur à une petite centaine de kilomètres de la Terre. Les premiers pas vers une privatisation des confins célestes à destination du 0,0001% aura surtout entériné cet ultime constat : viser la frontière plutôt que l’immensité reconduira toujours des relents de domination coloniale, sans jamais cependant dépasser les cadres de pensée étriqués d’un positivisme moderne éculé.
Mais que l’on contemple l’horizon lointain tel qu’il s’offre dans toute son incertitude iridescente et c’est au contraire l’expérience d’un inconnu radical qui vient rebattre les cartes du connu et du perçu. Il en va d’une apparition fugace et fuyante comme l’est un mirage, une hallucination ou plus simplement d’un éblouissement qui, discrètement, murmure que non, tout n’a pas déjà été exploré, répertorié, commodifié, Googlemappé, que nous ne venons pas trop tard, que le mystère demeure et, qu’enfin, le terrestre lui-même s’élargit et s’amplifie si tant est que le regard ait l’humilité de le laisser pleinement éclore.
L’exposition collective Si nous n’avions pas vu les étoiles provient de l’ambition à la fois humble et infinie d’électriser à nouveau l’imaginaire. Son titre provient d’une phrase prononcée par l’astrophysicien Michel Mayor qui, en 1995, découvrait la première exoplanète – une planète située en dehors du système solaire – depuis l’Observatoire de Haute-Provence. A une centaine de kilomètres de là, au neuvième étage de Buropolis à Marseille, une vingtaine d’artistes s’accordent ensemble à faire résonner à nouveau le questionnement du Prix Nobel se demandant quel aurait été le développement de la pensée si la lumière des astres n’était venue capter le regard des vivants.
Conçue comme une odyssée élisant le spectre métaphysique contre cet autre simplement technologique, la proposition confiée à la direction artistique de Jean-Baptiste Janisset rassemble une vingtaine d’artistes (Anastasia Bay ; Neïl Beloufa ; Wolf Cuyvers ; Sophie Dejode & Bertrand Lacombe ; Mathilde Denize ; Michele Gabriele ; Bella Hunt & DDC ; Jean-Baptiste Janisset ; Fiona Mackay ; Jean-Michel ; Lux Miranda ; Nicolas Momein ; Panamarenko ; Lise Stoufflet ; Floryan Varennes ; Romain Vicari ; Julie Villard & Simon Brossard ; Tom Volkaert ; Victor Yudaev) ainsi qu’une programmation vidéo sélectionnée par Jean-Christophe Arcos (Julien Creuzet ; Marie Lienhard ; Sara Sadik ; Virginie Yassef ; Laurie Charles ; Gregory Chatonsky ; Caroline Mesquita).
Au sein d’une scénographie dont le sol recouvert d’un thermo-isolant argenté reflète à la fois les rayons du soleil et les corps physiques et matériels, les œuvres, médiums et singularités individuelles se brouillent et s’augmentent tout en laissant la part belle aux fréquences spirituelles et aux résonances ésotériques, aux effets de croyances ancestrales et aux boucles rétro-futuristes, aux vocables néo-mythologiques et aux formes mâtinées d’une mélancolie primordiale.
En 1974, le philosophe Theodor W. Adorno se désolait de ces « étoiles retombées à terre » (« The Stars Down To Earth ») dont témoignait selon lui l’essor de l’occultisme et de l’irrationnel dans la 1 culture populaire de la seconde moitié du XXe siècle. Or en plaçant l’éblouissement au centre de son expérience perceptive, Si nous n’avions pas vu les étoiles retourne la formule pour en inverser la portée : certes, les étoiles sont retombées à terre, mais uniquement par l’effort sans cesse reconduit des artistes qui les y attirent et appellent, bien conscients qu’il s’agit là du meilleur antidote pour reconstruire l’avenir autrement qu’adossé à la folie des grandeurs des techno-Icares.

Ingrid Luquet Gad

At the end of July, the testosterone fuelled dream of space conquest hit the ground without a bang. Within a few days, two billionaires and a handful of their followers spent a few minutes of weightlessness just about a hundred kilometres above Earth. These first steps towards the privatisation of the great beyond for the benefit of the 0.0001% will have achieved one thing: aiming for the limit rather than for the infinite will always reek of colonial domination, forever stuck in a frame of the narrow thoughts of an outdated modern positivism.
However, as soon as we contemplate the faraway horizon as it presents itself in all its iridescent uncertainty, the experience of a radical unknown sets forth with a clean slate for what is known and perceived. Just like it is true for a mirage, an elusive and fleeting apparition, a hallucination or more simply a dazzle, we can surreptitiously hear a whisper saying that no, not everything has already been explored, filed, commodified, Googlemapped; that no, we are not too late and mysteries remain and finally that no, what is terrestrial doesn’t stop to expand or grow just as long as our gaze upon it remains humble and we let it freely bloom.
The collective exhibition “Si nous n’avions pas vu les étoiles” (If we hadn’t see the stars), originated from the ambition, both humble and boundless, of re-energising imagination. Its name is a quote from astrophysicist Michel Mayor who discovered the first exoplanet in 1995 – a planet outside the Solar system – from the Haute-Provence Observatory. A hundred kilometres from there in 2021 (?), on the 9th floor of Buropolis in Marseilles, about 20 artists decided to unite and make the Nobel Prize recipient’s quote resonate once more by asking themselves how would have thought evolved if the light of stars had not drawn humanity’s gaze.
Conceived as an odyssey where the ghost of metaphysics is opposed to the technological one, its curation was put under the care of Jean-Baptiste Janisset and brings together the artists Anastasia Bay, Neïl Beloufa, Wolf Cuyvers, Sophie Dejode & Bertrand Lacombe , Mathilde Denize, Michele Gabriele, Bella Hunt & DDC, Jean-Baptiste Janisset, Fiona Mackay, Jean-Michel, Lux Miranda, Nicolas Momein, Panamarenko, Lise Stoufflet, Floryan Varennes, Romain Vicari, Julie Villard & Simon Brossard, Tom Volkaert and Victor Yudaev. Their works are supported by videos selected by Jean-Christophe Arcos of artists Julien Creuzet, Marie Lienhard, Sara Sadik, Virginie Yassef, Laurie Charles, Gregory Chatonsky and Caroline Mesquita.
Running through the exhibition is a silver thermo-insulating covered floor that reflects sun rays, but also physical and material bodies. The artworks, individual media and singularities blur and enhance one another while giving space to spiritual frequencies, esoteric resonances and their secular faiths as well as retro-futuristic loops, suggesting neo-mythological titles and shapes tinted by a primordial melancholy.
In 1974, philosopher Theodor W. Adorno lamented about those “stars that fell down to Earth”, after he witnessed what he called the rise of the occult and the irrational in the mainstream culture of the second half of the 20th century. By setting bedazzlement at the center of its perceptual experience, Si nous n’avions pas vu les étoiles reverses the phrase’s significance: without a doubt the stars fell down to Earth, but only thanks to the endlessly renewed effort of the artists who lure and call to them, carried forward by the knowledge that this is an antidote which devise a way to rebuild a Future that does not rest on the delusions of grandeur harboured by techno-icaruses.

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Theodor Adorno, « Theses Against Occultism », The Stars Down to Earth and Other Essays on the Irrational in Culture, Londres: Routledge, 1994 [1974]

BRIEG HUON

2021 | Host Call 2 NANTES | Lauréat du Prix MELANIE RIO FLUENCY

Pour une exposition personnelle au sein de la Galerie Mélanie Rio Fluency avec une aide à la production de 1500 euros par Katapult

« Ma pratique s’articule autour d’une double formation, de design graphique et d’art visuel. À la croisée de ces deux approches, les questions propres à ces deux mediums viennent à s’hybrider : mise en espace/mise en page, dualité fond/forme, etc. Durant mon cursus en design graphique, à l’école des Beaux-arts à Rennes, j’ai questionné l’image et son potentiel narratif, notamment à travers l’expérimentation du médium du livre d’artiste. J’ai ensuite intégré l’option Appropriation en 3e année à la HEAD Genève, où j’ai exploré la question de la présentation et de l’exposition du livre, ce qui m’a amené par la suite à investir les domaines de l’installation et de la sculpture durant mon master. Mon travail plastique, ancré dans une pratique du « déplacement » post-appropriationniste, tente de repenser l’objet et la sculpture en croisant les notions d’utilitaire, de décoratif et d’usage. En allant piocher dans les formes minimalistes et « historiques » de l’art moderne et contemporain, dans le mobilier standardisé ou le design, et mobilisant donc des objets référant au quotidien, il s’agit de permettre au spectateur d’investir l’oeuvre, de la com­prendre, en aménageant un espace d’interprétation renouvelé ; l’idée étant, idéalement, de balayer l’image de « l’artiste créateur », pour proposer la figure de l’artiste « copieur/ agenceur ». Depuis ma sortie de l’école, ce travail de sculpture c’est augmenté d’un propos sur la musique, avec pour certaines pièces des activations durant de courts concerts (Lapsteel par exemple), d’autres nourris par des boucles so­nores (Sculpture attendant, composition rythmé aux touches colorées). La musique, ici, est utilisée pour sa capacité à créer un environnement, une ambiance, une atmosphère. » Brieg Huon

Découvrir l’artiste Brieg Huon

VINCENT TANGUY

2021 | Hostcall 2 NANTES | Lauréat du Prix Katapult
Pour l’acquisition d’une œuvre d’une valeur de 2500 euros.

Vincent Tanguy développe une pratique protéiforme dans laquelle le « déluge » numérique, les effets de la mondialisation et la symbiose entre la réalité physique et les interfaces virtuelles sont transformés par sa poésie et son humour singuliers.

Il a créé récemment The Convenient Life (2019), une performance prémonitoire réalisée à Shanghaï en Chine, où, en poussant à l’extrême l’usage possible du smartphone et des plateformes numériques, il anticipe à sa manière la situation de confinement généralisé qui fut la nôtre.

Ses œuvres ont été présentées en France durant la 71e édition de Jeune Création, la Nuit Blanche 2020, The Wrong biennale, à la Cité Internationale des Arts, au FRAC Bretagne et à l’international au Seoul Art Space Geumcheon à Séoul, Corée du Sud et comme sélection du jury du 21e Japan Media Arts Festival de Tokyo. En 2021, il est lauréat du prix Katapult Art Fund.

Découvrir l’artiste Vincent Tanguy

Jean-Baptiste Janisset à l’Île du Frioul

SEPT 2020 | MARSEILLE

Commissionné par Provence Art Contemporain en collaboration avec Everyday Gallery, Jean-Christophe Arcos, le fond de donation KATAPULT, l’Atelier Chiffonnier et le Parc national des calanques.

“Between an anthropologist and a sorcerer, Jean-Baptiste Janisset’s installations are conceived from discoveries and encounters which, during his travels, have developed his creative psyche.
For this new installation, the artist takes over the iconic plastic houses in which many Western children have displayed their imaginations. Janisset uses these hiding spots and their innate quality to shelter blossoming creativity, to construct a totem-like beacon against obsolete systems of education witch fuse a formated consumerist society. In such, they become a place of belief, a chappel made of lead, a rampart against the brutality of the outside world.

On this building, Jean-Baptiste Janisset came to place symbols and memories relating to different myths and religions. The most discreet of them is placed inside the monument. It is a seal of Saturn, a talisman that he himself made for its protective qualities and which he sleeps whit every day. All these objects are for him vectors of elevation. They motivate a finer consciousness and thus a dialogue with what he calls “the underworld”.
Most of the time these are relics of the ceremonies he attended in Benin, Gabon, and Corsica. For example, the sheep carcass being displayed as one of the elements of Janisset’s sculpture has for origin the molding of the bones of the animal sacrificed during the Magal de Touba, a religious festival that has been celebrated since 1928 in Senegal. It is the most important ceremony of the Mouride religion, a mystical branch of Sufism.
To make these elements his own, Jean-Baptiste Janisset proceeds to make molds by directly using clay to take a borrowing in situ of objects, sculptures, and bas reliefs before making lead prints out of them.”

Jean-Baptiste Janisset explains that he is not a fine craftsman: all the symbols he uses are snatched from others. The artist sees himself more as a witness to the past, a creator of syncretism between diverse beliefs and plural existences. Janisset’s ‘Smile to the Angles of Frioul’ building is therefore the center of gravity of a multitude of consciousness. We are thus projected into a place of all and no religion, a new path which Jean-Baptiste Janisset seams to outlined for us.

Text: Camille Bardin, Translation: Leo Lopez

https://artviewer.org/jean-baptiste-janisset-at-ile-de-frioul/

En Juillet 2020, Jean Baptiste a décroché une résidence à Vents des forêts. Sa production a été vue lors d’un shooting Art / Mode dans le magazine TEMPLE.

https://ventdesforets.com/oeuvre-en-cours-jeanbaptistejanisset/

https://www.instagram.com/p/CHSmsBZBUme/

La nature sublimée par les artistes

JUIN 2021 – BEAUX ARTS MAGAZINE – SPECIAL DESSIN

Avec l’artiste Pascale Remita

Deux après que Katapult se soit engagé dans la production de « Les fantômes se dérobent comme des nuages » portés par les artistes Pascale Rémita et Alexandre Meyrat Le Coz, Beaux-Arts Magazine vient de sortir un dossier « Spécial Dessin » intitulée La Nature Sublimée par les artistes. Pascale Rémita « dépeint le plus souvent des étendues neigeuses et glacées… En dessin, elle préfère les déserts et la silhouette à la fois raide et sèche de cactus littéralement carbonisés puisqu’ils ont tracés au fusain. »

« Qui ignore encore ? La nature n’est plus ce qu’elle était. A l’heure de l’anthropocène, où l’homme laisse, par son activité débordante d’énergie, une empreinte indélébile sur la planète, les artistes ne cessent d’enregistrés les dégâts causés. Puisqu’il est friable, froissable, fragile, le dessin rejoint les qualités de cette nature contemporaine qui s’abîme sous nos yeux. Le papier, son support végétal habituel, le relie à la même fibre. Le dessin de certains artistes épouse dans ses moyens le motif qu’il trace. A l’image de ces cactus, frottés au fusain sur des planches de peuplier par Pascale Rémita… »

Article à découvrir dans Beaux-Arts magazine – Juin 2021

HOST CALL2)

JUIN – JUILLET 2021 | NANTES | Co-production Host (invitations d’artistes) et KATAPULT

Exposition Host Call 2 du 28 juin au 11 juillet 2021

Galerie de l’école des beaux arts de Nantes

Pour sa deuxième édition « Host Call) », l’association Host (invitations d’artistes) permettra à 7 jeunes artistes d’être mis en avant en leur donnant la possibilité de montrer leur travail.

Délibération du jury le 28 juin après midi et vernissage le soir.

KATAPULT apportera son soutien financier à travers l’acquisition d’une œuvre (décision collégiale du jury) et la production d’un solo show en partenariat avec la galerie Mélanie Rio Fluency pour le lauréat.

Etienne Bernard, président du jury

Le jury est composé de :

Étienne Bernard, président du jury, directeur du Frac Bretagne Rennes

Melanie Rio, directrice de la galerie Melanie Rio Fluency

Jenna Darde, chargée de projets à la programmation et production artistique pour le Voyage à Nantes

Frederic Emprou, critique d’art et commissaire d’expositions indépendant

Rozenn Le Merrer, directrice du site de Nantes de l’école des Beaux-arts Nantes Saint-Nazaire

Wilfried Pasquier, fondateur du fonds d’art contemporain Katapult

Annie Fillon, présidente de l’association Host (invitations d’artistes)

La vengeance d’Ophélie

NOV 2020 | NANTES | Production : KATAPULT avec le soutien de la Galerie Mélanie Rio Fluency.

Avec l’artiste Pauline Lavogez

© Pauline Lavogez


Conçue comme un parcours en deux volets, l’exposition interroge les rapports de domination pour les renverser ou les décentrer en inventant d’autres codes à travers une expérience immersive. Parce qu’elle aimerait faire d’un homme « sa muse », Pauline Lavogez propose des portraits-vidéos dévoilant la nudité de six corps masculins dans toute leur sensualité. Dans un second temps, le spectateur découvre un auto-portrait vidéo intime où l’artiste se dévoile au public.

Pauline Lavogez propose un portrait croisé liant images de corps masculins dénudés et introspection filmée. La séduction palpable qui s’établit avec ses modèles dans cinq tableaux vidéo et performatifs déjoue les rapports de pouvoirs ainsi que les normes masculines dominantes dans la culture visuelle. En miroir, l’artiste se met à son tour à nu avec un autoportrait où elle interroge la représentation de l’érotisme dans l’imaginaire collectif et apprend à déconstruire sa manière de regarder en même temps que la nôtre. À travers son exploration des corps, Pauline Lavogez met le doigt sur les rapports humains non verbalisés et vient élargir notre lecture sensible de l’image.

Camille Velluet

OFF ART Ô RAMA

2019 | MARSEILLE | Co-production KATAPULT et Le Collective

Avec les artistes Wilfried Almendra, Claude Closky, Ugo Schiavi, Antoine Carbonne, Jean-Baptiste Janisset, Romain Rambaud, Pauline Lavogez, Wilfried Nail, Victor Vaysse, Lise Stoufflet, Romain Vicari

L’exposition OFF Art-Ô-Rama s’est tenue dans les 3 bunkers de l’Escalette, Chemin des Goudes à l’est de Marseille le dimanche 1er septembre 2019. Katapult a financé l’événement en exclusivité, Le Collective en a assuré la production et la direction artistique. Sur la journée l’événement a vu circuler entre 250 et 300 personnes, passants, amateurs et professionnels du monde de l’art présents pour la 4eme édition du festival d’art contemporain de la cité phocéenne Art-Ô-Rama. La programmation, très riche, comprenait des œuvres récentes et créées in situ par des artistes parmi lesquels : Wilfried Almendra, Claude Closky, Ugo Schiavi, Antoine Carbonne, Jean-Baptiste Janisset, Romain Rambaud, Pauline Lavogez, Wilfried Nail, Victor Vaysse, Lise Stoufflet, Romain Vicari…

Le fonds a également financé l’édition d’un hors-série du magazine Point Contemporain consacré à l’événement.

Ugo Schiavi
Alan Schmalz
Antoine Carbonne
Antoine Nessi
Bérénice Lefebvre
Charles Thomassin
David Douard
Estel Fonseca
Elsa Bres
Frederic Sanchez
Gabriel Haberland
Gregory Cuquel
Ivan Chavaroche
Jean-Baptiste Janisset
Jean-Baptiste Janisset
Blockhaus de l'escalette
Off-Art-ô-Rama 2019
Lise Stoufflet
Marc Etienne
Margaux Janisset
Maylis Doucet
Mehdi Besnainou & Yoan Sorin
Olivain Porry
Pauline Lavogez
Remi Bargard
Romain Rambaud
Romain Vicari
Stessie Audras Lacombe
Sylvie Reno
Timothee Calame
Victor Daamouche
Victor Vaysse
Wilfrid Almendra
Wolf Cuyvers

« Entraînés de lieux abandonnés en usines désaffectées de la ville de Marseille par les artistes du Collective, vous, visiteurs, êtes invités à participer à une aventure qui se renouvelle à chaque édition. Conviés dans ces gestes d’insoumission à vivre auprès d’eux des découvertes faites d’interdits, à prendre le parti du hors-norme et de l’illégal, à poser le pied dans des espaces où le danger peut sembler imminent, vous partagez l’expérience d’une conquête territoriale et idéologique, dans l’inconnu d’une aventure qui vous engage, vous expose et, pour toutes ces raisons, intensifie votre rapport à l’art. »

Daniel Guionnet, rédacteur en chef de la Revue Point contemporain

Article dans la revue Point Contemporain

BARAKA ALLAH OUFIK

2018 | TOUBA (SENEGAL) | Production KAPAPULT

Avec l’artiste Jean-Baptiste Janisset

Le fonds de dotation a apporté son soutien au projet Baraka Allah Oufik de l’artiste Jean-Baptiste Janisset. L’artiste s’est rendu à Touba au Sénégal pendant la cérémonie religieuse du Magal au cours de laquelle un bœuf est sacrifié puis partagé par la communauté. L’artiste a ensuite moulé les os blanchis de l’animal afin de réaliser l’œuvre Baraka Allah Oufik. Katapult est intervenu en qualité de mécène pour financer le voyage, la production et les trois semaines de résidence à Touba. La pièce finalisée a été montrée pour la première fois lors de l’exposition personnelle de Jean-Baptiste Janisset À ma vie à la galerie Alain Gutharc en janvier 2019. Enfin, Jean-Baptiste Janisset a été retenu par Nicolas Bouriaud  pour faire l’exposition Possédés au MOCO de Montpellier.

https://www.moco.art/fr/exposition/possedees-0

Jean-Baptiste Janisset – Baraka Allah Oufik – 2019 – 35 x 70 cm – Plâtre et plomb – © Aurélien Molle – Courtesy Galerie Alain Gutharc

“Jean-Baptiste Janisset pratique une sculpture de terrain. Par le moulage, il prélève in situ des éléments divers : des sculptures, des objets, des ossements. Sa démarche implique le déplacement et la rencontre. L’artiste arpente par exemple les rues de Nantes à la recherche des traces visibles et concrètes du colonialisme et de l’esclavage. À Nantes toujours, il découvre dans la cathédrale un emblème d’Anne de Bretagne au bas duquel est gravé « À ma vie ». L’artiste le moule sur place et réalise un tirage en plâtre de l’objet. Sur un rond-point à Ziguinchor au Sénégal, il moule une partie d’une sculpture rendant hommage à Aline Sitoé Diatta (1920-1944), une résistante casamançaise surnommée la « Jeanne d’Arc d’Afrique ».

La jeune femme aurait en effet reçu une prophétie, elle entendait des voix lui demandant d’aider à l’indépendance de la Casamance. Guidée par les voix, elle active un mouvement de désobéissance et d’émeutes. Aline Sitoé Diatta est arrêtée, condamnée par l’administration française et déportée au Mali.
Elle meurt du scorbut à l’âge de 24 ans et bénéficie aujourd’hui d’une aura de martyre.

Les œuvres de Jean-Baptiste Janisset convoquent et rassemblent des histoires qui s’entrechoquent.
Il pose ainsi la question de l’écriture du récit d’une histoire collective complexe et du degré de conscience que nous pouvons en avoir : à qui rend-on hommage ? Que commémorer ? Quelles icônes ? Pour qui et pourquoi ? Le récit d’une histoire commune diverge inévitablement selon les contextes. Les moulages génèrent alors de nouveaux objets : les sculptures-archives d’une recherche en cours. L’artiste examine ce qui fait mémoire et monument, ce qui fait histoire. De Nantes à Libreville, en passant par le Sénégal, l’Italie, l’Algérie et la Corse, il s’immerge dans la vie quotidienne et spirituelle.”
Julie Crenn

Os du bœuf sacrifié pendant la cérémonie du Magal.

Jean-Baptiste Janisset – A ma vie – Vue d’exposition – © Aurélien Molle – Courtesy Galerie Alain Gutharc

HOST CALL )

2019 | NANTES | Co-Production Host (invitations d’artistes) : KATAPULT

Le fonds a apporté son soutien financier au projet Host Call) à travers l’acquisition d’une œuvre d’un des lauréats, la production d’une exposition à la galerie Mélanie Rio Fluency et une aide logistique à l’organisation de l’événement.

Insufflé par l’association Host (invitations d’artistes), Host Call), est un appel à candidatures destiné à permettre à de jeunes artistes d’être mis en avant en leur donnant la possibilité de montrer leur travail dans des conditions professionnelles. Host Call) veut se positionner dans la découverte de nouveaux talents et le soutien aux jeunes artistes. Host Call) veut révéler la création contemporaine émergente et souhaite apporter une aide logistique aux artistes dans la production de leurs œuvres avec un accompagnement particulier et personnalisé.

Exposition Host Call) 2019 à l'École des Beaux Arts de Nantes

« En tant qu’assistante d’artistes, je me suis aperçue qu’à Nantes, il n’y avait pas d’appel à projets ouverts sur le plan national », pointe Annie Fillon, qui monte son association Host (invitations d’artistes) en juillet 2018 et enchaîne par l’appel aux artistes début mars 2019.

Parmi les critères : avoir moins de 35 ans, être francophone, diplômé d’une école d’arts, et proposer une œuvre d’art plastique ou visuel. « Les dossiers sont d’un très bon niveau, se félicite Annie Fillon. Un peu moins de la moitié venaient des Pays de la Loire, beaucoup de Bretagne. Nous avons reçu des candidatures de toute la France et même de l’étranger. »

Parmi les lauréats, Rémi Duprat et ses plaques de marbres a priori banales, mais sur lesquelles des motifs apparaissent en s’approchant. « Il a réalisé des dessins de glycine qui se révèlent grâce à l’action de l’acide sur le marbre » , précise la présidente de Host. Artiste Monégasque, Sophie Blet travaille à l’aide d’une photocopieuse qu’elle laisse capot ouvert afin de faire apparaître des formes « fantômes », de manière aléatoire.

Source : Ouest France

LES FANTÔMES SE DÉROBENT COMME DES NUAGES

2018 | MARFA – NOUVEAU MEXIQUE | Pré-Production KATAPULT

Avec les artistes Pascale Rémita et Alexandre Meyrat Le Coz

Katapult s’est engagé sur « Les fantômes se dérobent comme des nuages » porté par les artistes Pascale Rémita et Alexandre Meyrat Le Coz dès l’origine en apportant des fonds pour amorcer le projet. Celui-ci débute par un périple à travers l’Ouest américain, dans les pas et les mots du poète Pierre Gicquel qui a lui-même parcouru les étendues désertiques du Nouveau Mexique et de l’Arizona. La restitution de ces voyages se découpe en trois chapitres : Le paysage excite le verbe, A journey, Where heart meets the sky. Le fonds s’est également investi dans l’obtention d’une résidence pour les artistes à Marfa au Nouveau Mexique.

« Les fantômes se dérobent comme des nuages » désigne un projet à partir duquel des notions de voyage et de paysage partent à la rencontre des mots, ceux du poète Pierre Giquel.
Avec lui, les deux plasticiens Pascale Rémita et Alexandre Meyrat Le Coz construisent le projet et invitent deux autres intervenants, le musicien François Joncour et le critique Julien Verhaeghe.
Le projet se déroule en plusieurs étapes. La plus importante d’entre elles étant celle qui consiste en plusieurs périples au cœur de l’Ouest américain.
Succédant aux pas du poète, il s’agit pour les quatre protagonistes de s’imprégner d’un univers chargé de représentations et d’imaginaires. Les grandes étendues désertiques que l’on retrouve dans les westerns, les ciels démesurément bleus, le souffle des vents ou les récits indigènes seront alors à même de constituer une matière première propice à des créations expérimentales.
Aussi, des restitutions résolument transdisciplinaires seront envisagées, aux États-Unis comme en France. Elles permettront de ponctuer les différentes étapes du projet, et de donner corps à une sémantique du déplacement qui s’appuie en grande partie sur l’impalpable, la circonstance et l’évanescent.
Une forme d’hommage au poète pourra ainsi être mise en évidence, ne serait-ce parce que c’est en restant léger et insouciant que l’on résonne le mieux avec les mots qu’il nous a laissé.

Julien Verhaeghe

«Les mots n’appellent pas à être déconnectés, ils sculptent des non-dits, des non-voirs, des non-écoutes. L’hymne est à découvrir.»
«Être dans des paysages c’est accepter de bouger nos vies.» Pierre Giquel

Écrivain, poète et critique d’art, Pierre Giquel est né en 1954 à Mayenne et a vécu à Nantes où il a enseigné à l’École des Beaux-arts. Il a contribué à de nombreux catalogues d’expositions et revues d’art. Depuis le début des années 1980, ses textes ont été édités dans de multiples publications d’art contemporain et des parutions d’institutions. Ses ouvrages monographiques, parfois édités sous la forme du livre d’artiste, ont donné lieu, lors d’expositions et d’invitations, à diverses propositions par le biais de chansons, lectures, pièces sonores ou oeuvres d’art. Ses écrits, qui ont profondément marqués nombre d’artistes, sont le point de départ de ce voyage.

Le projet est soutenu par : Katapult, Nouveau Studio Théâtre, Beaux-arts de Nantes Saint Nazaire, Alambic’théâtre, Institut Français + Ville de Nantes

Chapitre 1. Le paysage excite le verbe / The landscape excites the verb

« Le paysage excite le verbe » est une installation scénique élaborée par les plasticiens Pascale Rémita et Alexandre Meyrat le Coz, dans le cadre d’une carte blanche proposée par l’Alambic’théâtre. Accompagnés du musicien François Joncour et du critique Julien Verhaeghe, l’installation associe les mots du poète Pierre Giquel à des représentations visuelles ou sonores évoquant les grandes étendues de l’Ouest américain.

Le visiteur, muni d’une lampe de poche, est préalablement invité à traverser un espace plongé dans une demi-obscurité. Des éléments de décor émergent peu à peu, en restituant un imaginaire porté par des ciels aux nuages épais, des cactus dressés comme des totems et des teintes intenses qui figurent différents moments du jour, lorsque les horizons sont lointains et dégarnis. L’ambiance musicale, en évoquant des étendues soufflées par le vent et des écoulements cristallins, suggère une atmosphère quelque peu climatique, comme s’il avait été question de se confronter aux éléments.La traversée de l’installation possède donc une réalité flottante et résolument immersive, tandis que le visiteur est sollicité, dans un second temps, auprès d’images au format de carte postale qu’il éclaire de sa lampe de poche. L’éclat du faisceau lumineux révèle des représentations iconiques, en se référant par exemple au genre cinématographique du western, ou en pointant la démesure de paysages façonnés par des temps géologiques. Surtout, la lumière enclenche un dispositif de captation qui permet à des extraits sonores issus d’un poème de Pierre Giquel de se diffuser dans l’espace. Les mots, déclamés avec un fort accent américain, affirment un attrait pour les petits riens, mais aussi une sorte d’envoûtement, celui qui résulte de la découverte de paysages encore un peu mystérieux que l’on n’a pas encore apprivoisés. L’installation « Le paysage excite le verbe » semble ainsi habitée par les vers du poète ; la déambulation physique s’est doublée d’une déambulation mentale, l’absence est devenue la présence.

Chapitre 2. A Journey

Avec A Journey, le musicien François Joncour enclenche le second volet du projet « Les fantômes se dérobent comme des nuages », à partir duquel des notions de voyage et de paysage partent à la rencontre des mots, ceux du poète Pierre Giquel. Mis en place à l’aide de trois autres intervenants – les plasticiens Pascale Rémita et Alexandre Meyrat Le Coz, et le critique Julien Verhaeghe – François Joncour se rend plusieurs semaines au cœur de l’Ouest américain, en attendant que les autres participants le rejoigne. Un cadre de travail peut alors se mettre en place. Tel un éclaireur parti aux avant-postes, François Joncour identifie les lieux et les espaces qui lui parviennent, en suivant toutefois une approche singulière, dès lors qu’il procède à des enregistrements sonores quotidiens. Le protocole d’échange mis en place avec les autres participants consiste alors à travailler à partir de ces récoltes sonores, depuis la France, c’est-à-dire à s’interroger sur des processus de projections, qu’elles soient imagées ou fantasmées, sur la base seule du son.

Ce second chapitre poursuit ainsi la volonté plus globale de succéder aux pas du poète Pierre Giquel. S’il s’agit pour les quatre protagonistes de s’imprégner d’un univers chargé de représentations et d’imaginaires, il est également question de jouer sur les spécificités et les profils de chacun, comme c’est le cas ici en privilégiant le caractère sonore des perceptions que l’on se fait de l’ailleurs. En effet, que voit-on des grandes étendues désertiques que l’on retrouve dans les westerns, des ciels démesurément bleus, du souffle des vents ou des récits indigènes, une fois que nos yeux sont clos ? Quels sons, quels bruits ou murmures accompagnent des déplacements portés si loin ? On se rend alors compte, avec ce second chapitre, à quel point un tel périple repose sur l’impalpable et l’invisible. Bien davantage, semble-t-il, car dans le but de rendre hommage au poète, il faut aussi jouer des circonstances et des évanescences, ne serait-ce parce que c’est en restant léger et insouciant que l’on résonne le mieux avec les mots qu’il nous a laissé.

Chapitre 3 : Where heart meets the sky

Le projet « Les fantômes se dérobent comme des nuages » poursuit son cours avec ce troisième volet intitulé « Where heart meets the sky ». Dans ce cadre, Alexandre Meyrat Le Coz, Pascale Rémita et Julien Verhaeghe – deux plasticiens et un critique – sont partis sur les traces du poète Pierre Giquel en effectuant un périple de trois semaines sur les terres de l’Ouest américain.

Parmi les objectifs de ce voyage long de plusieurs milliers de kilomètres, la volonté de se confronter directement aux rencontres humaines, aux ambiances, aux lieux autrefois visités par Pierre Giquel, puis le désir d’expérimenter des imaginaires relatifs au déplacement.
De l’expérience de voir le verbe du poète à travers le paysage, apparaissent alors des formes d’incarnations. Les mots se transforment en figures dans lesquelles le poète n’a eu de cesse de se manifester : la présence animale, les éclats de voix, les personnages improbables lors de rencontres particulières.
La notion de paysage, s’ouvre alors sur une forme d’écho fiction au verbe et au poète, qui s’est faite omniprésente tout le long du voyage.
Accompagnés des sons rapportés par François Joncour parti en éclaireur lors du chapitre 2, les terres arides du Texas, les étendues démesurées du Nouveau-Mexique ou le faste des récifs montagneux de l’Arizona se sont avérés particulièrement propices à la stimulation des imaginaires. Le paysage, grandiose, démesuré, ne s’adresse pas seulement au sens de la vision ; bien davantage, le paysage s’écoute, se touche, se traverse. Il désoriente en même temps qu’il fascine et se fait unique tout en déclinant une multitude de facettes.

Julien Verhaeghe

ARTAGON

OCT – NOV 2018 | PANTIN – GRAND PARIS |Partenariat : KATAPULT

Le fonds Katapult a apporté son soutien financier à la 4e édition d’Artagon :

Artagon IV – Heading East! 

ARTAGON est un projet international de recherche consacré aux étudiants en art et aux formations artistiques. Sa mission est d’explorer, de fédérer et de promouvoir les idées et les pratiques en gestation au sein des écoles d’art.

Présentée aux Magasins généraux, elle rassemble 32 artistes sélectionnés par un jury international au sein de 16 écoles d’art situées entre Paris et Moscou.

Commissaires : Anna Labouze & Keimis Henni

 
 
« L’activité d’ARTAGON s’articule autour de l’organisation annuelle d’une rencontre internationale pour les étudiants en écoles d’art. Cette manifestation, véritable première mondiale, est le fruit de l’association d’écoles d’art invitées et d’un jury composé de personnalités reconnues du monde de la création : artistes, curateurs, institutionnels, chercheurs, innovateurs, historiens, journalistes, galeristes, collectionneurs.
Le jury, réparti en plusieurs délégations, part à la découverte des écoles participantes et de leurs étudiants. À l’issue de chacune de ces visites bienveillantes, il invite une sélection d’entre eux à participer à une grande exposition collective.
Cette exposition annuelle, rythmée par une pluralité d’événements, porte la voix des artistes en devenir. Elle entend offrir des opportunités, initier des rencontres déterminantes et engager des pistes de réflexion sur la transmission et les futurs de la création. Elle est enfin conçue comme une célébration des étudiants en art et des jeunes artistes. »

Source : artagon.co

ACQUISITION « 6rBHd-1021 » SIMON THIOU

Simon Thiou |6R-1021.1415926535 |2015
Plaque à carreler | colle à carrelage | béton
205 x 80 x 180 cm

© Sylvain Bonniol

Simon Thiou décale les usages des matériaux ; il leur donne une autre forme de vie souvent froide et presque clinique. Impeccables mais fondamentalement déviantes, ses découpes, entraves, excroissances, greffes, destructions l’assimileraient presque à un docteur Robert Ledgard de la sculpture. Cependant, si ces croisements non naturels induisent des développements dramatiques qui (dé)génèrent les formes, donnant naissance à des « choses qui existent juste à côté de nous, derrière un voile transparent », l’artiste crée d’abord des fictions.
De plus, en interrogeant l’histoire des objets tout autant que leurs formes et leur matière, en se nourrissant du cinéma de science-fiction comme de la sculpture, Simon Thiou invente des narrations complexes et référencées, dont ses sculptures ne seraient que les résurgences éclatées, les pièces de puzzle d’un monde parallèle.
Camille de Singly

http://www.simonthiou.com/pauline.html

ÉBRÈCHEMENT

2018 | NANTES | Production : KATAPULT

Avec l’artiste Benoît Travers

Katapult soutient le projet Ébrèchement de l’artiste Benoît Travers, série d’œuvres et de performances. À travers son  mécénat, l’acquisition de plusieurs œuvres de l’artiste et une bourse d’aide à la mobilité pour une résidence d’un mois à Hambourg, le fonds s’investit dans le développement de ce projet artistique de qualité inspiré par la philosophie de Ludwig Wittgenstein.

Benoît Travers sur le site réseaux d’artistes en Pays de la Loire

L’ébrèchement est le geste fondateur d’actions sculpturales et sonores de transformations aux contours vibrants, que je mets en œuvre sous forme de performances en immersion. C’est un dispositif performatif et sculptural de transformation, celui de marteler/frapper avec comme seuls outils des marteaux/haches sur différents objets utilisés dans le quotidien professionnel par l’ouvrier de chantier : ici, après l’échafaudage (2018), des objets industriels devenant un set de percussion pour une performance live et une cabane de chantier habitat. »
Benoît Travers

Avec obstination, Benoît Travers martèle. Il martèle la matière, mettant son corps à l’épreuve des pièces de métal qu’inlassablement il attaque, coup après coup après coup, y laissant les traces irrégulières et répétitives – mille fois, dix-mille fois renouvelées – de son obstination à lui imprimer des stigmates. Mais le métal a la peau dure ; il ne se laisse pas (a)battre facilement. Si les coups de burin du sculpteur donnent forme à la matière, Benoît Travers s’attaque à la forme existante, la déforme, l’informe. Le geste, simple, unique, répétitif, vain dira-t-on peut-être, opère une métamorphose inverse à celle du sculpteur. L’objectif cependant n’est pas de briser mais d’ébrécher. Ébrécher volontairement, rigoureusement, continuellement jusqu’à la limite de la destruction. D’un geste maladroit faire un geste délibéré, maîtrisé. D’un geste destructeur faire un geste créateur. »
Clara Muller

Benoit Travers métamorphose l’objet ordinaire. D’un geste unique il le mutile. Progressivement, l’origine de l’objet s’altère. L’objet perd son objet. Des œuvres aux contours flous se dessinent, un dispositif radical se construit. Machinalement, l’artiste actionne une opération soustractive de l’œuvre. Il invoque la présence conceptuelle et poétique de la pensée du philosophe L.Wittgenstein, pour qui l’homme n’est pas un être de la pensée mais de l’expérimentation. Et c’est en ce sens, que les œuvres de l’artiste deviennent le langage de l’action, son avoir lieu…

Mya Finbow

Lire article complet dans Point Contemporain #21 + Voir acquisition par le Fond de dotation Katapult

Benoit Travers, Ébrèchement De la certitude.

Ébrèchements brûlants | 2017 | Tirage photographique sur acier galvanisé et martelée

MUTATIO

2017-2018 | NANTES | Production KAPAPULT

Avec les artistes Mutatio et Jean-Baptiste Janisset

Katapult a été le mécène exclusif de l’artist-run space nantais Mutatio porté par le sculpteur Jean-Baptiste Janisset. Entre 2017 et 2018 une dizaine d’expositions personnelles ont été organisées invitant des artistes d’horizons variés à investir l’espace d’exposition de 13m2 situé dans l’atelier de l’artiste. Le fonds a également apporté son soutien à la production et la diffusion des expositions.

mutatio.fr

Lise Stoufflet

« C’est en 2017 qu’apparaît Mutatio, espace d’exposition d’art contemporain indépendant situé à Nantes. Aménagé au cœur des entrepôts Delrue, le lieu se développe à bas bruit dans l’ancienne friche d’artistes vouée à la disparition. Impulsé par Jean-Baptiste Janisset, cet artist-run space est une initiative privée. La mise à disposition d’une partie de la surface d’un atelier de travail est née du désir d’accompagner des artistes émergents sous la forme d’invitations. Ces cartes blanches sont autant de propositions de réappropriation et d’expérimentation dans lesquelles le rôle du dialogue est central. A la croisée des chemins entre plusieurs pratiques artistiques, Mutatio tient autant du relais que l’on trouvait le long des voies romaines dans l’Antiquité que d’un phénomène d’altération au contact des contraintes spatiales et des échanges entre artistes. Envisagé comme un interstice ouvert pour ceux qui ont besoin, le dispositif souhaite aussi faire rebond pour chaque trajectoire artistique. Le protocole d’invitation suppose d’investir un espace de 13 m 2 et de 3,5 mètres de hauteur par le volume et la couleur en le travaillant comme un environnement plastique. Chaque intervention fraye une voie alternative au white cube, condition de visibilité à l’histoire récente et peut-être non définitive. Au vide majestueux des lieux institutionnels, Mutatio substitue un espace bringuebalant, à bricoler, au rythme de la création en train de se faire. Les propositions varient les temps de résidence, de production et d’exposition selon le tempo de chaque artiste. »

Ilan Michel

Artist Run Space MUTATIO

Guillaume Mazauric

Wolf Cuyvers

Hugues Loinard

Romain Vicari

Lise Stoufflet

Victor Daamouche

Margaux Janisset

Charles Thomassin

UNDER THE SAND

2016-2018 | FRANCE-TUNISIE | Production : KATAPULT

Avec les artistes Wilfried Nail et Souad Mani

Le projet de rencontres artistiques franco-tunisien Under The Sand a reçu le soutien du fonds Katapult tout au long de son développement entre 2016 et 2018 sur les plans financiers et logistiques. Ce projet a permis à 3 expositions de voir le jour entre la France et la Tunisie, ainsi que la tenue de plusieurs échanges, ateliers et conférences entre les artistes et le public des deux nationalités.

under-the-sand.org

« Né de l’initiative de Wilfried Nail et de ses réflexions avec Souad Mani, vivant respectivement en France et en Tunisie, le projet Under The Sand habite l’errance, celle d’une résidence à la fois ancrée et flottante, prenant ses racines à la bordure du désert tunisien, dans le bassin minier de Gafsa. Aujourd’hui en situation de crise, le territoire fut pendant des décennies sous la tutelle de la CPG, la Compagnie des Phosphates de Gafsa, qui en exploitât les gisements. Le modèle colonialiste paternaliste, initié par les fouilles du géologue français Philippe Thomas, avait conduit au développement économique de la région et à la prise en charge de ses employés. Devenues par la suite une entreprise d’état, les mines souterraines furent exploitées à ciel ouvert, les pratiques d’extraction furent automatisées et les besoins en personnel diminués. À la corruption et à la montée du chômage répondait un paysage écorché, véritable plaie ouverte dans le paysage comme dans les chairs. Gafsa devint ainsi le terreau d’un embrasement perpétuel, d’où naitra un foyer de contestations qui s’étendra de Redeyef à tout le pays. Six ans plus tard, les cendres des Printemps arabes étaient retombées, Gafsa allait devenir une voie d’accès au mode de présence de ce qui avait sédimenté, car seuls les climats de crise raniment la mémoire et permettent de replonger les objets dans le processus qui les a vus naître. Le passé était toujours là, enfoui, mais autrement que sur le mode du souvenir conservé. Il était devenu un résidu, la trace d’un déchet qui, seul, en permettrait l’archéologie. »

Marion Zilio in ArtPress, Janvier 2017

Exposition « Nucléus » à l’Atelier, espace d’exposition de la Mairie de Nantes

Exposition « Nucléus » à l’Atelier, espace d’exposition de la Mairie de Nantes

PÉNATES

OCT 2017 | NANTES |Commissariat : Jean-Christophe Arcos  | Production : AzOnes – KATAPULT

Avec les artistes Guillaume Airiaud · Coraline de Chiara · Carole Douillard · Léna Durr · Yoeri Guepin · Léticia Martìnez Pérez · Wilfried Nail · Régis Perray · Simon Pfeffel · Xavier Veilhan

Katapult a pris part à l’organisation de l’exposition « Pénates » en octobre 2017 à Nantes en qualité de mécène exclusif, avec la mise à disposition d’un lieu d’habitation privé en attente de rénovation avant l’emménagement du propriétaire. Porté par l’association Azones et le commissaire d’exposition Jean-Christophe Arcos, ce projet singulier a bénéficié d’une belle fréquentation durant ses deux semaines de visibilité avec notamment la présence de la Galerie Zoo (Patrice Joly).

« Il ne s’agit pas à proprement parler d’une exposition : plutôt d’une tentative d’habiter, avec des œuvres, un lieu, le futur loft d’un passionné d’art, et une fonction, celle de commissaire d’exposition.
L’espace de l’appartement comme lieu de vie et de conservation, dont l’aura est gardée symboliquement par des esprits bienveillants, le corps aussi du commissaire investi et agi par des envies, des gestes et des pensées qui ne sont pas les siens. Ghosts, and shells.
Habiter, c’est avoir quelque part ses habitudes. Si habiter est une fonction humaine pour Le Corbusier, le terme revêt chez Durkheim le caratère fondateur du «faire société», puisque l’habitus constitue l’ensemble des cadres collectifs qui permettent à chacun des membres de s’individuer.
Face aux réalités plus prosaïques de la bénédiction du foyer, consacrant par l’art la demeure encore non occupée d’un collectionneur, se jouent les conditions d’une cohabitation entre vivants et non-vivants.
Il y aurait ainsi en quelque sorte exil en la demeure : quelque chose d’une transcendance qui échapperait par son invisibilité à la jouissance matérielle des murs tout en s’y tapissant. Peut-être un esprit des lieux?

Revient alors comme en écho cette idée selon laquelle l’art est ce qui rend le monde habitable. Vivre avec des œuvres prend alors un sens plein : faire apparaître par elles l’ambiguïté d’une matérialité qui porte en elle quelque chose qui la devance et la déborde.
Comme les deux mains, comme le corps au